mardi 23 août 2011

La Naissance de Tiphenn par Véro (Le jour où j'ai accouché #2)

Aujourd'hui, c'est Véro qui a accepté de nous livrer le récit de la naissance de son petit Tiphenn (qu'elle en soit remerciée). Véro nous raconte comment elle et sa compagne ont vécu ensemble la conception et l'arrivée de leur enfant. Un projet de naissance respecté, de l'émotion, beaucoup d'amour, quelques frayeurs... entre autres... (Et je compte sur toi pour le lire jusqu'au bout hein!).


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La Naissance de Tiphenn


Alors moi c’est Véro et j’ai au début de ce récit 38 ans et 10 mois (j’y tiens !), je suis pacsée avec Nath depuis 5 ans et on vit ensemble depuis 7. Elle a 2 zados d’une précédente union et ensemble nous avons décidé d’agrandir la famille avec un bébé issu d’une coparentalité avec Eric. Ce bébé a donc une maman bio et légale (me), un papa bio et légal (Eric) et une Mamalie illégale et illégitimement dénuée de statut…

Je n’ai pas le droit de vous dire comment a été conçue cette merveille de bébé car en France, la manipulation de gamètes est réglementée mais sachez que je n’ai pas fauté avec le Papa (beurk non non non) et n’ai pas donné naissance à Jésus… à vous de laisser jouer votre imagination ! 

Hormis des démangeaisons horribles (prurit gravidique / gestationnel) parasitant mes nuits, jusqu’au 8ème mois, ma grossesse a été plutôt sereine, ponctuée par les séances d’hapto depuis le 4ème mois et une préparation orientée sophro. Mais à un peu plus d’un mois du terme une hypertension artérielle et de l’oedème sont venus un peu rompre cette harmonie m’imposant un suivi beaucoup plus important à la mat…

Ah oui, je ne vous ai pas dit, je voulais accoucher à domicile, mais pour des raisons financières (certaines SF pratiquent des dépassements d'honoraires très élevés - NDB (Note de la bloggeuse), ce n’était pas possible et le courant n’est qui plus est, pas passé avec la seule SF liberale à la ronde pratiquant les AAD… Du coup j’ai pris contact avec la mat la plus proche pour leur proposer notre projet de naissance, ils l’ont validé, sinon on serait allées ailleurs…

Voici le récit du jour où j’ai accouché…


Le 2 janvier 2011, c’est le jour du terme, enfin l’ultime jour de terme… car on a fait 2 insé, une le 30 mars et une le 2 avril 2010 et on ne peut pas savoir exactement quand l’alchimie s’est faite… quand petit spermato a réussi à pénétrer chez Mlle ovule… Oui parce qu’en plus mes cycles sont courts (ça fait un peu machine à laver cette expression !) donc pas à J14 l’ovulation… bref… Tout ça pour dire qu’après 6 semaines à attendre un accouchement imminent (col modifié et ouvert, tête de bébé très basse) nous étions rendus au Dimanche 2 janvier, date du terme… On a eu droit à la traditionnelle visite à la maternité avec une sage-femme (comme tous les 2 jours, puis toutes les semaines, depuis qu’on m’avait découvert de l’hypertension et de l’oedème) pour un pipi sur bandelette, un monito pour voir la courbe très basse et peu variée de mes contractions et la courbe élevée et tonitruante de bébé qui n’aime pas les capteurs du monito, qu’on se le dise ! Strike à gogo !


Bref là on s’est dit que bébé était bien dans sa piaule et que malgré la fin du bail il n’avait pas décidé de rendre les clés… ! Il savait bien qu’en plein hiver on expulse pas du jour au lendemain… Le protocole était clair, nouvelle visite à la mat le 4 pour voir où on en aurait été puis déclenchement le 6…
Moi, j’avais prévenu bébé : si on attend le 6, c’est déclenchement, donc ça se passerait pas de la manière la plus naturelle, à notre rythme et surtout on ne becterait pas de la journée : l’horreur, quoi !
Bref, on a passé un dimanche normal où éléphantesque oedématiée, je déambulais avec l’allure d’un escargot lancé au galop, pleine de douleurs ligamentaires et pelviennes, le poids de mon ventre énorme appuyant de plus en plus sur mes organes… Et puis, on s’est couchés.

Et dans la nuit, je suis allée faire un pipi comme j’en faisais cinq par nuit et perdant à mon grand étonnement du sang (une première depuis le début de ma grossesse). Pas plus angoissée que ça mais avec néanmoins le besoin de prendre conseil sur la conduite à tenir, j’ai réveillé ma chérie qui m’a dit que ce n’était pas grave, de me recoucher… Ce que j’ai fait…
Néanmoins, lundi matin, elle me réveille pour me demander si je lui ai bien dit dans la nuit avoir perdu du sang, je confirme et là, beaucoup plus alerte, elle m’invite à appeler la mat pour demander conseil à une sage-femme.
Je m’exécute car je suis une fille disciplinée (hum hum) et la sage-femme de service à qui je demande si ça peut attendre ma visite du lendemain me dit de rappliquer et fissa… bon j’exagère un peu mais pas tant que ça !

Quand nous arrivons, Anaïs, la Sage-Femme qui gère les consultations nous attend et a pris connaissance de notre dossier et de notre projet de naissance. Elle nous introduit dans la salle d’auscultation pour un monito où bébé se montre plus calme et mes contractions un peu moins qu’à l’accoutumée mais sans que cela soit probant. Prise de tension, encore limite. Et puis l’examen gyneco, réalisé sous couvert d’un drap, avec beaucoup de pudeur, révèle que mon col s’était encore modifié, ouvert à deux doigts larges. Elle procède à un prélèvement pour vérifier si ce que j’ai perdu est bien, comme elle le croit, du liquide amniotique. Soudain, tout sourire, Anaïs nous déclare que cette fois c’est parti, que nous ne quitterons pas la maternité sans notre bébé.

Elle s’absente momentanément pour procéder à mon admission dans le service, nous laissant hébétées et émues, les larmes coulent, nos mains se serrent… ça y est… c’est enfin le moment de la rencontre ! Excitant, émouvant et flippant aussi !

Anaïs nous accompagne dans le service où la chambre 4 va m’accueillir momentanément pour démarrer le travail, c’est une chambre double, déjà occupée. Elle passe le relais à Claire, la sage-femme qui est de service en chambres ce jour là.
Depuis des semaines, dans le coffre on trimballe le sac des affaires de bébé et ma valise… et là on l’avait retirée ! Fatalement ! Donc ma chérie rentre à la maison chercher la valise et le coussin d’allaitement.
Il est midi, on nous amène de quoi nous restaurer mais moi qui craignais de ne pas être nourrie pour l’accouchement s’il était déclenché, ben j’ai pas faim ! Pourtant je n’ai pas déjeuné, juste un bout de pain au chocolat acheté en route.

Anne, la sage-femme qui officie, en salles d’accouchements vient se présenter et me proposer d’aller en salle de travail dés que je le sens, si on veut être tranquilles, dans un endroit plus intime que la chambre.
Ma chérie est revenue quand Anaïs revient me voir pour prendre des nouvelles et m’inviter à marcher dans le hall de la maternité, me déplacer pendant ce début de travail tout gentil. Je m’exécute un peu, mais pas très longtemps, marcher me devient difficile. Je reviens à ma chambre, le travail a commencé, le mal de ventre diffus a laissé place à des contractions bien perceptibles pour la 1ere fois. Elle avait raison Corinne, la super sage-femme qui a assuré la préparation à l’accouchement : quand les contractions de travail sont là, on ne peut pas les louper ! Je me replonge dans la préparation, m’enferme dans ma bulle et adopte la respiration ventrale, allongée sur le coté, appuyée contre mon coussin d’allaitement.

Ma voisine reçoit de la visite. Il est 14h, les contractions s’accélèrent, plus que 5mn entre chaque pour me reposer, elles s’intensifient, je souffle profondément à chaque respiration pour éviter de gémir. Je vais aux toilettes au sortir d’une contraction, mais je me rends vite compte que mes poussées ne sont pas liées à un besoin d’aller à la selle. Nouvelle contraction, alors que ça ne fait pas 5mn que je suis aux wc… Je me recouche et ma respiration emplit la pièce à tel point que quand je souffle, la visite de ma voisine se tait. Ma chérie me soutient comme elle peut de caresses et massages et chronomètre sans en avoir l’air. Toutes les 3 mn ! Il serait peut être temps d’aller rejoindre la salle d’accouchement… J’accepte à la satisfaction de tous, je crois !

Une aide-soignante vient nous chercher, nous traversons le service pour arriver à l’accès interdit au public à l’entrée duquel il faut chausser des surchaussons pour moi et blouse en sus pour ma chérie. L’AS nous installe en salle de travail, il est environ 15h. Anne la SF, vient me voir, me rapporte le ballon, le corpomed, elle nous propose de rester seules et de l’appeler en cas de besoin.
Je m’allonge toute habillée et me remets sur le coté, les contractions sont de plus en plus douloureuses, je m’accroche à la table, je ne retiens plus mes gémissements. A 16h, Anne me propose d’aller voir où en est le col : 6cm ! C’est plus fort que moi mais je pronostique l’arrivée de bébé pour 18h30-19h… je me dis que le plus dur est fait ! Ca me donne du baume au coeur !
Je me réinstalle sur le coté car les contractions sont dans le dos et donc moins supportables sur le dos. Elles ne s’interrompent quasi plus. Le monito me gêne, les capteurs ont du être serrés à mort pour ne pas se barrer au moindre mouvement, Anne accepte de virer celui des contractions, il ne reste que le capteur pour bébé.
Elle repart nous laissant seuls tous les trois, je parle peu, me concentre sur ma respiration, Nath accompagne chacune de mes contractions en m’aidant à m’étirer, me masse le dos. Deux heures passent sans que je n’aie plus de notion de temps.

A 18h, Anne revient, propose de regarder l’évolution du col, j’accepte, j’ai besoin de bonnes nouvelles ! Je n’en aurai pas… « 6,5… » Oh mon dieu, 2h de souffrances pour un malheureux demi centimètre !!!
Compatissante, elle me dit qu’il est toujours possible d’opter pour la péridurale… Non, non, non et non, je m’y refuse ! Elle propose de percer la poche des eaux, me dit que ça ira plus vite car la descente sera facilitée, mais plus douloureuse. Je demande un délai. Elle me propose de changer de position, de me lever, de marcher, de me mettre sur le ballon, bref de bouger pour aider le travail. J’obtempère mais c’est dur… tout m’est pénible, rien ne me soulage. Je finis par me recoucher.

19h, nouvelle observation du col. Anne fait la moue, ça n’a pas bougé… 3h que les contractions ne sont plus productives, que je me fatigue pour rien, elle dit que je devrais la laisser percer la poche, ce n’est pas une grosse entorse au projet de naissance, ça lui permettra de voir ce qui bloque, si ça ne permet pas à la dilatation de reprendre, c’est peut être signe que la tête du bébé bloque dans le bassin, il faut savoir… Elle est claire et sans détour… Je finis par accepter. Avec l’aide-soignante venue en renfort, elles m’aident à me déshabiller, mettent un drap pour cacher et d’après ma chérie, valait mieux, mais en même temps, couchée sur le coté, je ne voyais pas l’instrument utilisé, tant mieux.

La poche est rompue, je ne sais pas si c’est plus douloureux, je crois que j’étais déjà au taquet… Effectivement ça favorise la dilatation, je suis vite à 8cm. Puis les contractions se succèdent sans temps mort, je fatigue, supporte de moins en moins bien la douleur. Je finis par demander si c’est trop tard pour la péridurale, oui… Elle me réconforte en disant que le plus dur est fait… sauf que moi, ça fait déjà quatre heures que j’y crois !

A 21h, changement d’équipe, relève de Anne assurée par Gwendoline, je suis ravie, je l’ai déjà vue aux Portes Ouvertes de la mat, on avait échangé et le courant était bien passé. Anne lui dresse le topo et me souhaite bon courage, Gwendoline se dit que peut-être la poche n’a pas été bien percée, qu’il faudrait essayer de recommencer, j’accepte. C’est infructueux, la poche était bel et bien rompue…

Elle me propose de mettre un appareil à électrodes qui envoie des impulsions électriques dans la zone des contractions pour les soulager, genre qu’on vend à Télé-Achat pour faire des muscles devant sa teloche, allez, tout est bon à essayer ! Bon c’est loin d’être efficace chez moi !

Peu avant 22h30, je sens l’envie de pousser de plus en plus présente, bébé a bien progressé, Gwendoline revient avec Hélène, une aide soignante, en renfort. Ca y est, dilatation maxi, il va falloir y aller. Les premières poussées ont lieu sur le coté, elles sont là encore improductives. Rapidement, Gwendoline me propose de passer sur le dos pour faciliter l’expulsion, avec leur aide, toute en douleurs et en râles, je m’exécute, docile. Elles ne mettent pas les étriers mais m’offrent leur bras pour retenir mes énormes jambes gonflées d’eau, chapeau !

Et là, les poussées s’enchainent, mais je suis épuisée, je n’arrive plus à réfléchir, à me concentrer, ni la sophro, ni l’hapto ne me reviennent, la douleur et la fatigue m’ont liquéfiée… A chaque contraction je pousse en criant, on m’invite à souffler plutôt… ! Facile !

Pour m’encourager, Gwendoline me dit qu’elle voit les cheveux, sa tête est là, prête à sortir… on y est !
Sur une contraction, il faudrait pousser deux ou trois fois mais trop essoufflée, je n’y parviens pas. Le temps me parait long, je commence à avoir peur : et si je n’y arrivais pas ? Et si mon bébé estimé à 2,7kg le 3 décembre était trop gros pour sortir le 3 janvier ?
En fait, je pousse, bébé descend et à la faveur de la contraction, sans nouvelle poussée de ma part, il remonte ! Et les contractions s’enchainent…

Et puis, à un moment Gwendoline se met à m’expliquer que le protocole à la mat, c’est 20mn pour l’expulsion, qu’au-delà elle doit appeler un médecin pour qu’il vienne provoquer l’expulsion, qu’il vienne chercher le bébé. Or là, ça fait 45mn… elle me dit qu’il va falloir mettre la gomme ! Euhhh ça fait 45mn que je le fais, quand même !

Mais bon, je ne veux pas d’un médecin et de son attirail d’instruments, ça me redonne des forces, nouvelle contraction, je pousse de toutes mes forces sur mes jambes, les mains accrochées à mes cuisses, une fois, deux fois, trois fois. Elles m’encouragent, ainsi que ma chérie, on y est…
Céline, une infirmière arrive en renfort, Gwendoline lui confie la « lourde » tache de porter ma jambe à sa place, pendant qu’elle vient se placer entre mes cuisses. Nouvelle contraction, je pousse et je sens que Gwendoline m’aide mais sans savoir comment, je crois qu’elle vient chercher la tête avec ses mains.

 Deuxième poussée et là je n’ai même pas le temps de comprendre, ni de réaliser, Gwendoline m’apporte le bébé et le pose sur ma poitrine. L’une d’elles me demande si j’ai vu ce que c’était, car elles savent qu’on ignore le sexe de notre bébé. Oui, à ma grande surprise, j’ai vu que c’était un petit garçon… Nath, elle n’a vu que ses grands yeux ouverts sur notre monde, le sien maintenant.
Une voix dit : « 23h21 ».

Notre petit Tiphenn est tout nu, sous un lange chaud, toujours relié à moi par son cordon, en peau à peau avec moi, contre ma poitrine. Nath est submergée par l’émotion de voir notre petit bonhomme enfin là, ses larmes coulent. Pas moi, je suis soulagée et sidérée… ça y est... Bébé est là, sain et sauf ! Oufff ! J’ai eu si peur….
On savoure cette rencontre… pas longtemps…

Je ne me souviens pas de tout, ni de l’ordre : on m’a raconté mais dans ma tête c’est loin d’être linéaire, plutôt un patchwork… Je me souviens que je n’ai qu’une idée en tête pendant toutes ces heures : boire ! J’ai soif comme jamais ! Et je liquiderai presque le brumisateur… car on me refuse de boire dans un premier temps.

Il y a un léger bruit quand Tiphenn respire. Gwendoline dit qu’il faut faire les soins, elle prépare la découpe du cordon, propose à Nath de le faire, elle accepte. Ca y est on est physiquement dissociés. On emmène Tiphenn dans la salle de soins, Nath l’accompagne. Soudain elle passe la tête par la porte : « 51cm - 4,040kg ! »… Tu m’étonnes que ça a été raide ! Il sera remesuré à 53cm en sortie de mat... il n’était pas tout à fait déplié !

Le pédiatre de garde est appelé car Tiphenn a de la fièvre, mais moi aussi, donc on ignore si c’est ma fièvre qui a fait jaillir la sienne ou une infection, puis il y a ce bruit quand il respire… Le pédiatre l’ausculte avec Nath.
Gwendoline m’explique qu’il va falloir me recoudre, que j’ai été déchirée, juste quelques points. Et puis vient le temps de l’expulsion de l’énorme placenta en deux poussées, aidée par Gwendoline, il y a du sang, beaucoup de sang.

Nath est revenue avec Tiphenn, elle le pose sur moi en peau à peau. Mon dieu ce qu’il est beau ! Je le mets au sein, il commence à téter.




A un moment, je me sens gagnée par un speed inhabituel, je m’agite, ma tension a monté.
Et puis, tout est calme autour de moi, de plus en plus calme. Ma tension a chuté. 6.
Céline et Gwendoline s’affairent autour de moi mais sans stress, même Nath ne perçoit rien. On me pose une perf. On reconfie Tiphenn à Nath. Une gyneco est appelée, Gwendoline craint une hémorragie, pas la gynéco, elle dit que c’est dû à la déchirure. Ca ne semble convaincre ni Gwendoline ni Céline, qui revient bidouiller la perf. Je perds toujours du sang. J’ai soif, si soif ! Gwendoline me recoud.
Une voix dit : « Ohh ! Il neige ! ».
On m’autorise enfin à boire, j’avale près d’un litre d’eau et j’ai faim…

Seulement vers 4h du mat, tout semble stabilisé, on m’invite à descendre de la table pour passer au fauteuil roulant afin de me remonter en chambre. A peine assise, ça tourne, je me sens partir, mais elles me rattrapent en me parlant, en me faisant fixer un point face à moi. Je reviens.
On monte dans notre chambre au 1er étage, la 12… On s’installe, on m’apporte un plateau de petit déjeuner, j’avale tout le liquide : le jus, le chocolat chaud !
Et puis je sens que le sang coule plus abondamment, Nath sonne, Gwendoline revient m’examine et repart. Quelques minutes plus tard, c’est Céline et Hélène qui arrivent avec un brancard pour m’emmener au bloc : révision utérine au programme : on veut s’assurer que mon utérus est bien vide. Anesthésie générale, je me réveille à 6h30 et là j’attendrai 8h avant d’être ramenée dans une chambre double au rez-de-chaussée (surveillance plus intensive) où Nath et Tiphenn viendront me rejoindre…

J’apprendrai après coup que mon utérus ne s’est pas recontracté, la faute à la fatigue, à gros bébé… qui sait ? Et, c’est cela qui a provoqué l’hémorragie. Je suis passé de 12 en hémoglobine à 6,8. J’ai frôlé la transfusion mais je crois que mon projet de naissance et les convictions locales ont plus orienté vers les perf de fer. On m’a administré 45 doses de synto* contre 18 pour un déclenchement ainsi qu’une ampoule en seringue électrique de Nal*dor.

Visiblement, j’ai fait peur à tout le monde, mais ni Nath, ni moi n’avons constaté de panique à bord, mais les scenarios allaient selon les versions du transfert au CHU à 60 bornes, au « j’ai eu peur de vous perdre »… Cette dernière fait froid dans le dos a posteriori. .. Ah oui ? Ca a été à ce point… ?
Je comprends mieux pourquoi on était à mes petits soins, me surveillant comme le lait sur le feu…

Mais en attendant, je garde un merveilleux souvenir de mon accouchement, mon projet de naissance a été respecté et pour ça je ne remercierai jamais assez cette équipe…




Il m’arrive de recroiser du personnel de la mat et à chaque fois celles qui ont partagé la naissance de Tiphenn ou les jours qui ont suivi me reconnaissent, visiblement, ils ont eu peur pour moi… Je les ai toutes remerciées dans un courrier adressé à la mat quelques jours plus tard car non seulement ils m’ont aidée à mettre au monde mon bébé sans le quitter dans la foulée mais en plus, ils ont fait tout ce qui était possible pour respecter mon projet de naissance, s’excusant pour chaque acte médical, y compris la pose de perf et seringue électrique lors de l’hémorragie et surtout après…
Je ne regrette vraiment pas d’avoir accouché dans cette maternité où nous avons été respectés tous les 3.

Lettre de remerciement ici :
http://doudou.webcaetera.fr/content/lettre-aux-professionnels-qui-nous-ont-accompagn%C3%A9s

Projet de naissance là :
http://doudou.webcaetera.fr/content/projet-de-naissance

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Si toi aussi, tu souhaites publier ici "Le jour où tu as accouché", n'hésite pas à m'envoyer un mail à mamanature49@gmail.com.


Un grand merci à Véro pour avoir partagé ce témoignage avec moi et accepté qu'il soit publié.
Ces mots et ces photos lui appartiennent, merci de ne pas les recopier.
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2 commentaires:

  1. J'ai tout lu ! Quelle histoire !! Je retiens surtout que le personnel soignant avait l'air top. Félicitations a vous 3 et au petit bout alors :-)

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  2. Merci Maman Sioux !
    Oui une super équipe ! Et moi qui étais allergique aux hopitaux, voulais une hospitalisation la plus courte possible, j'ai pleuré en les quittant après 7 jours... loll
    Vero

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