mercredi 8 juin 2011

Coup de gueule: C'est ça le féminisme (bordel)???

Une fois n'est pas coutume, je vais pousser un coup de gueule! Il y aurait plein de raisons à cela, il y en a tous les jours. Aujourd'hui, ce qui m'intéresse ce sont les débats qui font rage sur le net autour du "maternage" et du "féminisme" comme si l'un et l'autre étaient opposés. Je voudrais surtout parler d'UNE certaine vision du féminisme (porté par Elizabeth Badinter notamment pour ne citer qu'elle) qui consiste à penser que la femme doit être l'égale absolue de l'homme en niant tout ce qui fait d'elle une femme justement (je reviendrai sur le maternage). C'est à cette vision que je m'oppose. Je n'ai pas lu son dernier ouvrage, ni les autres, je l'ai entendue, elle et tous ses portes-paroles, à la radio, lue dans la presse et sur internet. Elle et ses acolytes partent du principe selon lequel la femme veut et doit être aussi compétitive que l'homme et que pour cela, elle se doit de faire des sacrifices, au nom du féminisme et de l'égalité homme /femme.  Certes, toutes les femmes ne sont pas mères et toutes ne veulent pas le devenir. Mais pour celles qui veulent assumer leur  féminité et leur rôle de femme et de mère dans la société, que disent ces soit-disant féministes? Qu'au nom de cette égalité hommes/femmes, cette dernière ne doit pas céder aux sirènes du maternage. Non, non, LIBERATION de la femme, tu m'entends!

Alors, tu ne materneras point:
 - Tu reprendras le travail au plus vite après la naissance de ton rejeton (Allez au boulot!) et quand tu reviens, tu assumeras sans broncher les "Alors, c'était bien les vacances, t'as bien profité? - 4 mois c'est royal, non"?" - Euhhh t'as vu ma gueule là? - Et je te rappelle que je viens de laisser la prunelle de mes yeux à une nana que je connais à peine!
Ouahou t'as retrouvé ta ligne?

- Tu ne cèderas point à la pression pro-allaitement: ba oui, le papa doit s'occuper de l'enfant autant que la maman, et puis je te rappelle que maman doit repartir travailler très vite et autant que papa - c'est pas un gnome de 3 mois qui va m'empêcher d'assister à la réunion marketing du mardi soir à 19h- [Je répète ne pas céder à la secte au LOBBY Pro-Allaitement - c'est vrai qu'ils ont plein de choses à vendre - contrairement à Ga**ia qui est simplement une aide à la libération de la femme vois-tu.]
- Tu donneras des petits pots à ton marmot - le fait maison c'est pour les femmes au foyer (les glandeuses qui profitent du travail de leur mari).
 - Tu ne retourneras point en arrière: les couches lavables nous font revenir à l'époque de nos arrière-grands-mères, c'est rétrograde. Je te rappelle que la couche jetable était une révolution dans le processus de libération de la femme. (Je dois te rappeler que de nos jours - en tous cas chez moi- l'Homme s'occupe aussi du linge à laver?).
- Tu ne porteras point - Ton gnome doit s'habituer à vivre sans toi et loin de toi, pas question de l'habituer à ton contact (tiens, c'est valable pour l'allaitement ça) - La poussette est parfaite: plus chère, plus encombrante et tellement plus pratique dans les transports en commun, c'est bien connu.

Bref, je caricature mais c'est ce qu'on entend... Donc être féministe, c'est ça, c'est vouloir être l'exacte copie de l'homme??? Pas pour moi.
Pour moi, être féministe, c'est lutter pour que la société nous prenne en compte en tant que femmes, avec nos spécificités! Oui, nous portons nos enfants et les mettons au monde. Nous sommes des femmes, bordel! Nous sommes forcément différentes des hommes. Et la société doit prendre en compte et valoriser ces différences! C'est le monde du travail qui doit s'adapter aux femmes et non l'inverse.

Il devrait y avoir une pièce qui ferme à clé pour permettre à chaque maman qui le souhaite,  de tirer son lait - avec un frigo à disposition - dans chaque entreprise! Quand je pense que certaines sont obligées de le faire dans les toilettes (soit le pire endroit pour tirer son lait - bonjour l'hygiène) ou "choisissent" de ne pas le faire parce qu'elles n'en ont simplement pas la possibilité.
Il y a tant de choses à faire pour assurer l'égalité homme/femme dans l'entreprise mais il y a surtout tant à faire pour que les femmes qui deviennent mères aient réellement la possibilité de choisir ce qu'il y a de mieux pour elles, leur famille, leurs enfants.

Le maternage maintenant. Quel grand mot. C'est une grande case, une case dans laquelle on met les parents  (mamans ET papas - on peut dire "parentage" non?) qui choisissent en vrac: d'allaiter, de porter leur enfant, de co-dodoter, d'accompagner leur enfant de façon non violente, etc. Bref, toutes celles et ceux qui décident d'écouter avant tout leur cœur, leur instinct de mère (et de père) et de faire avec leurs enfants de la façon la plus "naturelle" possible. Celles qui font fi des "Laisse le pleurer - pose le par terre - ne le prend pas dans tes bras - montre lui qui commande" et autres préceptes d'un autre âge.
Elles le font pour la plupart sans pour autant juger ou critiquer les pratiques des autres, elles le font pour elles et pour leur famille - point.
Ah les douces tétées...

Mais quand parfois au "hasard" de mes lectures sur le net ou sur d'autres médias, j'entends que les "maternantes" sont des esclaves de leurs enfants, que ce sont des bobos hippies mères au foyer, qu'elles suivent une mode écolo-bobo, et qu'elles sont anti-féministes - et ben franchement, ça a tendance à m'énerver.

En quoi se simplifier la vie, penser un peu à la planète et vouloir le meilleur pour son enfant serait une aliénation de la femme? Parce que dans le maternage, il y a tout ça. Et si c'est ça être l'aliénation, et ben je veux bien être aliénée.

Bref, je ne crois pas que s'assumer en tant que femme, en tant que mère et accepter que nous ne sommes pas comme les hommes - soit anti-féministe, bien au contraire. A mon avis, nous sommes nombreuses à être "maternantes" et à avoir un homme à la maison qui est aussi "paternant" que nous. Et tiens, une petite pensée aux mamans solos qui assument tous ces rôles toutes seules.

Edit du 09 juin 2011 - 10H40:
Je précise que j'ai allaité 13 mois en ayant repris le travail à temps plein quand crapouillette avait 2 mois et 3 semaines avec des déplacements à 100km de chez moi tous les deux jours. Et vous croyez que j'aurais fait ça pour suivre une mode ou un diktat? Non. Je l'ai fait parce que j'en avais envie, parce que j'en avais besoin et parce que selon moi ma fille en avait besoin. Et je suis sûre que l'allaitement m'a aidée à combler un peu ce manque, ce vide de son enfant, cette douleur de la séparation que l'on peut ressentir lorsque l'on reprend le travail aussi tôt. Cette douce tétée de retrouvailles le soir était notre réconfort à toutes les deux et je ne l'aurais manquée pour rien au monde <3.


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19 commentaires:

  1. Pas mieux! Et pour mémoire, E. B est aussi la première actionnaire de publicis, petite boite qui a pour mission de vanter les mérites de...nestlé, pampers...tiens donc!
    http://www.rue89.com/2010/02/11/elisabeth-badinter-actionnaire-feministe-dun-publicis-sexiste-137891

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  2. Merci les filles! Intéressante cette info Lule, en effet!!!

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  3. Oui oui oui et 100 fois oui. Je crois qu'au lieu de vouloir faire de la femme l'égale de l'homme, on devrait la reconnaitre en tant que telle. Lui donner la possibilier de "materner" en toute féminité et qu'elle puisse s'épanouir en même temps en tant que mère et femme.
    Et si au lieu d'inciter la femme à retourner vite au boulot, on incitait l'homme à prendre un plus grand congé paternité ? Et si la solution pour que l'homme et la femme soient plus égaux n'était pas de rendre la femme l'égale de l'homme mais l'homme plus proche de la femme ?

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  4. Comme je suis d'accord avec toi Maman sur terre!

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  5. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  6. Je suis féministe, maman non maternante (c'est pas mon kiff), et je suis d'accord avec toi !
    Badinter incarne effectivement une vision minoritaire mais bruyante du mouvement ; ça me fait super plaisir de lire quelqu'un qui ne juge pas toutes les féministes en fonction de ses âneries. Elle n'a pas dit que des conneries (j'adore l'Amour en plus, où elle expose, chiffres à l'appui, l'historique du rapport mère-enfant, et ça devrait te plaire, je pense), mais dans ses derniers ouvrages (que je n'ai pas lus mais dont j'ai trouvé bien des critiques faites par des gens en qui j'ai confiance) elle semble attaquer des tendances plus minoritaires qu'elle ne le dit, sans citer de noms, chiffres ou sources (c'est pas sérieux !).
    La grande majorité des féministes est pour la liberté de choix : pour que tu puisses être la mère que tu veux être, maternante ou non, sans être jugée.
    D'ailleurs, j'apprécie énormément ta parenthèse sur le terme "maternage" qui devrait être "parentage" : oui, on s'occupe d'un môme à deux, et Maman sur Terre a tout fait raison de souligner qu'inciter les hommes à s'occuper des mômes est bien plus constructif qu'empêcher les mères de le faire.
    La libération des femmes, l'égalité, c'est pas forcer tout le monde à faire comme les hommes d'aujourd'hui. C'est accepter les différences sans jugement de valeur, sans différence de salaire, sans accepter que certaines soient violentées. Ce n'est pas non plus clamer la supériorité d'un genre sur l'autre (le genre étant une construction sociale). C'est juste pouvoir être soi-même, sans être conditionné par son environnement, sans être jugé ni châtié quand on s'éloigne du modèle ou qu'on s'y conforme trop.

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  7. J'aime vos commentaires les filles ;) Merci pour tes précisions Kalista! Et arf maternante- non maternante, décidément je n'aime pas ces termes... L'important après tout, c'est d'aimer ses enfants, leur montrer et se sentir bien tout simplement en tant que femme et en tant que mère.

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  8. Bonjour,
    J'ai lu avec attention ton article et j'aimerais te donner mon humble avis de femme active et mère de trois enfants.
    Tou d'abord j'ai lu le dernier livre de Badinter et je n'ai pas eu la même lecture que toi. Le fil rouge de ce livre est le choix. Choix d'allaiter ou pas, choix d'avoir des enfants, de retourner travailler ou pas. En fait le féminisme aujourd'hui réside dans la notion de choix et la possibilité que laisse la société de faire ce choix. En effet, chacun voit midi à sa porte concernant l'allaitement, la reprise du travail etc...Les féministes aujourd'hui ne veulent pas faire des femmes des hommes comme les autres mais justement leur permettre d'avoir le choix sans subir de pression de la société, des hommes ou des femmes qui sont quelque fois nos meilleurs ennemies.
    Choisir, c'est renoncer un peu, ne pas pouvoir choisir, c'est mourir beaucoup!

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  9. très bien dit ! merci de ce billet, il dit c'que j'pense !!
    j'te raconte pas aussi quand tu rèstes à la maison par choix...

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  10. Desperate Mamma, merci pour ces précisions... En entendant E.B. dans les médias, et en lisant divers articles sur le net, ce n'est pas le message que j'ai entendu. J'ose espérer que le féminisme dont tu parles est le plus répandu, il correspond à celui qui me parle le plus. J'aimerais tout comme toi que nos choix en soient vraiment (des choix) et qu'ils ne nous soient pas imposés par notre société ou par le monde du travail.

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  11. totalement d'accord! très bien dit!

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  12. Si tu veux te faire une idée du féminisme aujourd'hui, fais un tour sur les sites des associations, sur la blogosphère... J'aime pas trop profiter des commentaires pour parler de mon blog (chuis là pour communiquer, pas pour me faire ma pub !), mais tu peux passer chez moi, j'ai recensé quelques liens tout en bas de la page. Ma sélection est non exhaustive et se borne aux gens avec lesquels je suis d'accord. ;-)
    En tout cas, ta dernière phrase dans ton dernier commentaire correspond tout à fait à ce que je recherche. J'ajouterais que l'influence de la société est extrêmement forte, au point qu'il est très difficile de savoir si un choix est libre ou non...

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  13. Je confirme l'intérêt du blog de Kalista (non, je n'ai pas d'action chez elle, lol)!

    Et sinon, j'aime beaucoup ton article. Je ne suis pas maman, mais j'en ai beaucoup autour de moi, mamans de jeunes bébés...et c'est hallucinant comme chacune se sent stigmatisée de toute part. Quels que soient les choix qu'elles font, il y en a toujours pour dire que c'est pas bien.

    Je ne suis pas spécialement féministe non plus, entends par là que je ne suis pas une militante active, cela dit je me sens tout à fait concernée par les préoccupations et les revendications du mouvement.

    Alors globalement je serais assez d'accord avec le fait de dire "allez tous vous faire foutre"^^.

    Et sinon, rien à voir mais j'adore le fond de ton blog ;)

    Bonne journée!

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  14. Pour info les mamans qui allaitent et travaillent peuvent faire valoir leurs droits. Je sais, comme beaucoup de choses ça a l'air simple en théorie...beaucoup moins en pratique:
    http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-53-Ce-que-dit-la-loi.html
    En ce qui concerne mon avis sur ton article ma belle, pas mieux que Desperate mamma (sauf que je n'ai pas lu le dernier ouvrage de Badinter)

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  15. Effectivement très sympa ton blog Kalista! Intelligent, documenté, réfléchi, j'aime beaucoup ;))

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  16. voila pourquoi moi aussi je veux continuer a allaiter, garder le lien, rester maman avant tout, je ne veux pas que le boulot reprenne le dessus. grand bravo !

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  17. Moi aussi, j'ai lu le dernier livre d'EB et je suis d'accord avec Desperate Mamma! tout ce qu'on a entendu dans les médias n'est qu'une mauvaise lecture du livre. J'en ai fait ma critique sur mon blog. Il est question surtout de choix...
    http://muuuum.wordpress.com/2010/12/02/critique-litteraire-le-conflit-la-femme-et-la-mere/

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  18. Et ba tu vois, je l'ai pris l'autre jour à la bibliothèque en me disant que j'allais tenter afin de m'en faire ma propre opinion et... je n'ai pas accroché du tout au ton du livre, aux propos... j'ai lu une dizaine de pages et j'ai trouvé ça trop moralisateur et stigmatisant pour les femmes qui justement choisissent d'assumer leur maternité et tout ce qui va avec. J'aurais peut-être dû persévérer mais je n'ai pas assez de temps pour lire les livres qui me plaisent alors ceux qui ne me plaisent pas, zou!

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