Affichage des articles dont le libellé est Le jour où j'ai accouché. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Le jour où j'ai accouché. Afficher tous les articles

samedi 14 septembre 2013

La naissance de Mini-Pépette à la maison

Parce qu'aujourd'hui, plus que jamais, un vent froid souffle sur l'accouchement à domicile, j'ai envie de partager avec vous la naissance de ma deuxième petite fille. Parce que j'ai eu la chance d'être accompagnée par deux sage-femmes exceptionnelles, qui m'ont écoutée, soutenue, épaulée. Deux femmes, qui accompagnent jour après jour, de nombreux couples qui souhaitent mettre au monde leur enfant dans les conditions qui leur semblent les meilleures, au sein même de leur maison, si les conditions médicales le permettent, bien évidemment. Des femmes qui sont à l'écoute des femmes, des couples, des bébés. Des femmes qui font confiance aux femmes, dans leur capacité à mettre au monde leurs enfants. Des femmes qui ont  coeur de respecter nos choix, nos droits, notre corps et la physiologie de l'enfantement.

Ces femmes, elles sont une petite centaine en France, à travailler sans assurance, parce que la seule qu'on leur propose, c'est une assurance dont le montant est égal voire supérieur au montant annuel de leurs honoraires! Autant dire qu'on ne leur permet pas d'exercer. Aujourd'hui, elles sont menacées de cesser leur activité si elles ne s'assurent pas, ce qui est dans la grande majorité impossible. On nous priverait donc de ce droit de choisir librement les conditions de la naissance de nos enfants. C'est tout simplement inadmissible. Il nous appartient, à nous qui tenons à sauvegarder ce droit, de défendre haut et fort nos sage-femmes et de réclamer au gouvernement qu'il agisse afin qu'une assurance soit proposée aux sage-femmes libérales accompagnant les naissances à domicile à un tarif raisonnable et en rapport avec leurs revenus.

Je compte sur vous pour signer et relayer cette pétition:

***
Samedi 20 octobre 2012. Le jour de mon terme est arrivé. 9 mois que je te porte en moi. Je suis impatiente de te voir, les dernier jours me semblent longs. D'autant que je crains que notre projet d'accouchement a la maison ne puisse avoir lieu. Ma tension est assez haute depuis quelques jours, ma sage-femme me surveille de près et tous mes examens sont bons, j'espère donc pouvoir t'accueillir dans les conditions que nous avons choisi.

Comme convenu, nous nous rendons au CHU pour un contrôle. Je n'ai presque pas de contractions, le monitoring est parfait et ma tension n'est pas inquiétante. Je ne souhaite pas de TV (toucher vaginal) donc je ne sais pas où en est mon col mais bébé ne semble pas décidé a arriver aujourd'hui. En tous cas, la SF de l'hôpital nous assure qu'à priori rien ne nous empêche d'accoucher a la maison (sic). Je repars confiante!

L'apres midi, nous décidons de faire une balade dans le village tous les 3, ton papa, ta grande sœur et moi. Tout est calme, on ne croise presque personne, il ne fait pas très beau. On se promène assez longtemps. Tiens, quelques contractions me surprennent. Ca commencerait a bouger la dedans? On rentre a la maison, et de temps en temps, quelques contractions me demandent de m'arrêter quelques secondes. Je vais souvent aux toilettes, et dès que je m'assois, ça contracte assez fort. Je commence a perdre un peu de bouchon muqueux. Je me dis que c'est peut être pour aujourd'hui sans trop me faire d'idées. J'ai accouché apres terme pour ta grande sœur et je m'attends a devoir patienter encore quelques jours mais je suis tellement impatiente ! On profite de cette journée tous les 3. J'adore les premières sensations, les premières contractons, je me dis que tu t'apprêtes certainement a nous rejoindre, ça me met d'excellente humeur! Nous dinons tous les 3 (une raclette!) et j'imagine déjà que nous pourrions être 4 demain matin.

Après manger, on entame le rituel habituel, histoires, biberon et coucher d'E. Elle s'endort paisiblement. Mes contractions se font plus rapprochées, plus intenses tout en étant largement supportables. J'envoie un SMS a ma sage-femme, je lui dit que je pense que le travail démarre. On convient de se rappeler dans la soirée. Vers 22h, j'ai toujours des contractions, le travail ne faiblit pas, ça a l'air de vraiment se mettre en route. J'appelle la sage femme vers 23h. Je lui explique que je commence a avoir pas mal de contractions, elle me dit qu'elle ne me sent pas encore en travail. Elle me conseille d'essayer de dormir et de la rappeler si ça évolue. Je vais donc me mettre au lit. Une heure plus tard, je n'arrive pas a dormir, je suis assez excitée et j'ai régulièrement des contractions. Vers minuit je me relève donc et je commence a m'installer dans le salon. Lumière tamisée, bougies... Je dis a V. de se reposer mais il a envie de préparer l'espace avec moi, il prépare le matelas, le alèses et tout le matériel nécessaire pour accueillir le bébé. 

Vers 2h, je commence a regarder l'heure a chaque contraction et je me rends compte qu'elles sont espacées de 3-4 minutes et qu'elles m'obligent a m'arrêter. Je rappelle ma SF, elle me dit qu'elle me sent bien en travail et qu'elle se met en route. Elle me propose de prendre un bain, je lui dis que je n'en ai pas envie mais que je vais tester. Je me fais couler un bain, allume des bougies, monte le chauffage. Mais dans le bain, les contractions deviennent peu supportables, je me sens a l'étroit et je n'aime pas la position. Donc je sors rapidement. Je commence a chanter pour accompagner les contractions qui se font plus douloureuses maintenant, elles me lancent dans les reins. Je me félicite d'avoir suivi cet atelier de chant prénatal, chanter m'aide énormément! Mon homme m'appuie dans le bas du dos a chaque contraction, il sait exactement ou poser ses mains pour me soulager, quelle pression exercer. C'est bon de l'avoir près de moi, de savoir que l'on va mettre au monde cet enfant ensemble, a la maison. A chaque contraction, je suis debout, Appuyée contre le mur, c'est la seule position qui me convienne. Vers 4h, la SF arrive. Elle se joint a nous, je suis contente de l'avoir près de nous, elle est si douce et rassurante. Les contractions continuent leur danse régulière, pendant longtemps elles reviendront toutes les 1-2 minutes environ. J'avais espéré accoucher avant le matin mais je vois que le soleil se lève, l'ambiance change, j'aurais voulu rester dans cette ambiance feutrée, avec si peu de lumière. D'ailleurs, je ne veux pas ouvrir les volets, je tiens a rester dans la pénombre mais je crois que ce changement d'ambiance me perturbe. A 7h, E. se réveille. On appelle notre amie avec qui nous avions convenu de lui confier notre fille pendant l'accouchement si besoin. E. s'habille rapidement, elle demande a son papa ce que je fais. Mon homme lui répond maman chante pour faire sortir le bébé. Ma fille vient me faire un bisous et part avec son papa rejoindre notre amie et sa famille. Je me dis que quand elle reviendra elle découvrira sa petite sœur!

J'ai l'impression que le travail n'avance plus, les contractions s'espacent, diminuent en intensité. En fait j'alterne des phases de travail actives ou je sens que les choses avancent bien, que le bébé descend. Je fais des aller retour aux toilettes, je vomis trois ou quatre fois. Je me dis que c'est bon signe. Ma sage femme me rassure, c'est long mais bébé va bien, elle l'écoute régulièrement. Mon col est quasiment dilaté complètement. Plusieurs fois, ma SF sort son matériel pour accueillir bébé, puis le range. Parfois j'ai l'impression que le travail s'arrête complètement. On plaisante tous les 3 entre les contractions. Je me dis que c'est long, trop long! Pourquoi la poche des eaux ne se rompt pas? Pourquoi bébé ne descend pas plus vite? Pourquoi le travail semble s'arrêter a des moments? J'essaie différentes positions mais je ne suis bien que debout. Je commence a avoir mal dans les cuisses. Mon homme et la SF se relaient pour me masser le bas du dos pendant les contractions. A un moment, mon homme enlève l'horloge de la cuisine, quelle bonne idée, je ne me focalise plus sur le temps qui passe mais j'en ai marre que ce soit aussi long. Je veux accoucher aujourd'hui!!



Apres une pause a essayer de me reposer, je me dis que c'est trop, qu'elle doit sortir maintenant. Allez au boulot! Je me remet a marcher et le travail redémarre, plus intense, les contractions se rapprochent, deviennent beaucoup plus douloureuse quand tout a coup, crac! La proche des eaux se rompt, c'est parti! Wahou, c'est la tempête en moi, je débranche mon cerveau. Les contractions sont tellement fortes!!! Elles m'emmenent, se déchaînent, m'entrainent, je ne peux que les accepter en moi, me laisser emmener par toutes ces vagues, ne pas lutter, y aller avec elle. Mais ça fait tellement mal! Mais je sais que bientôt tu seras la! A un moment ça y est je le sens, ça commence a pousser, ma SF le voit et m'invite a me déplacée, je ne peux pas accoucher debout dans la cuisine, il faut que je revienne dans le salon sur le matelas, mais je j'ai plus rien a quoi m'accrocher sans le salon, je suis obligée de me mettre a 4 pattes car je suis trop fatiguee pour rester debout (position qui me permettait de mieux supporter la douleur) et là je commence a pousser. Ça y est tu dois venir bébé, viens, ça pousse, c'est si fort, si violent. Ça pousse et je pousse aussi fort que je peux, bébé descend doucement. Allez viens ! Pourquoi c'est si long ?

 Bientôt je sens que tu passes en moi, ça brûle, ça fait mal: « laisse-toi traverser » me dit ma SF. Et c'est ce que je fais. Je te laisse me traverser pour sortir de moi, la tête, puis bientôt les épaules et flop tout ton corps qui glisse dans les mains de ma SF. La douleur m'a un peu assommé et je mets quelques secondes avant de retrouver mes esprits et te prendre dans les bras. Mon petit corps tout chaud, mon bébé, mon amour. Je regarde mon homme et je lui dis: on l'a fait mon amour! Je le vois fourbu, fatigue mais heureux. Ça y est, on t'a accueilli a la maison, comme on le voulait. On s'embrasse, on est heureux. 

Je vois ma SF les yeux embuées, elle est très émue elle aussi, je l'embrasse, je la remercie. Quelle heure il est, zut on n'a pas regardé. 17h15, elle a dû naitre vers 17h05, c'est ce qu'on indiquera.
Je tiens mon bébé tout contre moi, le temps s'arrête. A. a l'air toute zen, elle a de si beaux yeux...

Au bout de ce qui me semble être 5 minutes, je vois ma SF qui commence a s'inquièter. Ça fait déjà presque une heure me dit elle. Ah, le placenta, je l'avais presque oublié celui la. Elle regarde, me dit que ça ne saigne pas, que ça ne risque rien mais qu'il ne faudrait pas qu'il tarde trop. Mon bébé ne réclame pas encore mais je décide de la mettre au sein pour aider a la délivrance. Elle tête pour la première fois! Wahou, j'avais hâte de redécouvrir ces sensations. J'ai quelques contractions mais le placenta ne sort toujours pas, j'essaie de me mettre debout, de pousser un peu mais il ne vient toujours pas. Li Appelle Jak, SF expérimentée qui m'a accompagné durant ma grossesse, elle lui explique la situation. Il n'y a pas de risques d'hémorragie mais je sais que si le placenta ne sort pas tout seul je vais devoir être transférée. Je ne m'inquiète pas trop, Jak nous dit qu'elle est sur le route du retour de Bordeaux et quelle arrive dans une demi heure. Quand elle arrive, je suis tellement contente de la voir! Elle nous félicite, nous embrasse. Et puis elle regarde le cordon, le placenta, confirme qu'il n'y a pas de risques mais qu'il n'est pas encore décollé entièrement.

Elle me dit qu'elle va faire un geste désagréable, j'ai confiance en elle. Elle va donc décoller mon placenta, m'appuie un peu sur le ventre, c'est désagréable oui mais le placenta sort. Je suis délivrée. Ouf!

On va maintenant pouvoir démarrer notre vie a 4. V. part avec Jak mettre le placenta dans un pot avec de la terre, on l'enterrera plus tard au pied d'un arbre dans le jardin. Pendant ce temps Li remet le salon en ordre pour accueillir E. V. part la chercher. Elle peut enfin découvrir sa petite sœur! Nous mangeons ensuite tous ensemble une paella surgelée que nous avions acheté en prévision de la naissance. Je mets A. dans l'écharpe pour la première fois. Que c'est bon d'être chez soi avec les gens qu'on aime. Plus tard, Li nous laisse tous les 4, nous couchons E. et allons nous coucher nous aussi. On n'a pas dormi depuis 24h quand meme! On fera tous une nuit complète jusqu'au lendemain!

Je m'attendais a un accouchement rapide et moins douloureux. J'ai l'impression que mon premier accouchement a l'hôpital était plus "facile". Comme quoi, c'est une vraie leçon pour moi, dans le domaine de la naissance rien ne de passe vraiment comme on l'a prévu. Pour en avoir beaucoup rediscuté avec les SF, il ne faut pas oublier le bébé dans l'histoire, il a son rythme, sa volonté propre, peut être qu'elle avait besoin de prendre son temps. Mais je suis heureuse d'avoir fait ce choix, celui de donner naissance à ma fille, dans ma maison. C'est tellement confortable de ne pas quitter son foyer, de retrouver son lit quand on en a envie, de vivre cet événement chez soi et de ne pas être séparée de mon aînée. Et surtout cet accompagnement respecteux dont j'ai bénéficié durant ces 9 mois de grossesse, pendant la grossesse et les mois suivant la naissance est vraiment une chance inouïe et j'espère de tout coeur que nous pourrons continuer en France à avoir le droit de choisir les conditions de naissance que l'on souhaite.



Rendez-vous sur Hellocoton !

jeudi 20 juin 2013

Un matin, un lapin... - Le jour où j'ai accouché #7

Nous sommes dimanche 5 août 2012. Notre fils est "dû" pour aujourd'hui ! ;-)
Depuis deux jours j'ai des sensations dans le bas du ventre surtout le soir.
Notre sage-femme L. passe ce soir. Elle me dit que tout est prêt, dans quelques jours au plus tard il sera là.
Il est tête en bas, a priori d'un poids "normal" et je vais bien.
Dans la soirée j'appelle ma maman pour lui faire un petit compte-rendu.
Nous regardons les JO de Londres. L. m'a conseillé de prendre un bain en allant me coucher, cela me fera du bien. J'aime les bains, mais vite ça me saoule et j'en sors.
Ce soir, je monte, fais couler l'eau et m'y glisse avec une revue de fille.
Quelques douleurs un peu plus précises se font sentir. Je suis dans ma lecture.
Il fait chaud dehors, une canicule arrive.
Et curieusement je ne vais pas sentir l'eau du bain rafraîchir. Surprise je remarque que cela fait une bonne demie-heure pourtant que je barbote.
A partir de là, tout va s'enchaîner. La notion du temps pour moi va s’altérer.
Je sens que ça commence à vraiment "piquer" ;-).
Je me couche. Mais il me semble que très vite il faut que je me relève pour gérer le pic de douleur tout à fait supportable.
L'Homme est monté entre temps, il s'est couché et a amené le ballon et la galette que nous a prêtée notre sage-femme, posée sur un petit tabouret Ikea je peux bien bouger du bassin.
Je comprends que ce sont les contractions.
Cette partie de la nuit me semble courte.
Je missionne l'Homme de contacter la sage-femme pour la tenir au courant. Celle-ci nous dit de continuer à la tenir au courant. Nous échangeons des SMS.
Entre chaque contraction je me rallonge. Mon souvenir me fait revivre 4 ou 5 contractions maximum, en regardant les textos ensuite, il se sera passé deux bonnes heures je pense entre la fin de mon bain et l'arrivée de L., notre sage-femme.
Les contractions augmentent, j'ai souvenir que j'ai de moins en moins de temps entre chaque pour retourner m'allonger sur mon lit.
Je vais aussi aux toilettes et remarque que je perds pas mal de parties de mon bouchon muqueux, jusqu'à complètement, et qu'ensuite je pense m'oublier sur le lit : non, je viens de perdre les eaux.
Au vu de la rapidité des contractions et de la perte des eaux, la sage-femme arrive.
Elle me propose de prendre un bain, je n'étais pas trop partante, j'avais l'impression d'en sortir, mais je sens que c'est un bon conseil.
Il fait nuit noire.
Depuis de longues minutes mon travail se fait à la lumière de nos lampes de chevet.
Dans le bain, je demande à l'Homme d'allumer la grosse bougie offerte par ma doula lors du moulage de mon ventre et d'éteindre toutes les autres lumières. Elles m'agressent.
Dans la pénombre, je commence à lâcher prise sur ce qui m'entoure. Les contractions sont très présentes, de plus en plus fortes.
L.est là sans que je m'en rende compte.
Elle et l'Homme se partagent le travail : l'un me tient la main, l'autre me masse le dos, à tour de rôle.
Je suis sur le côté dans l'eau.
Je ne suis plus là. Je suis dans mon corps, je sens l'eau, je n'ai pas de forces, c'est à celui qui me tient la main de la serrer fort. Aucun de mes deux compagnons ne doit me quitter, me laisser, arrêter de me tenir.
Au bout de d'un temps qui me semble moyen, je suis toute ankylosée. J'ai été sur le côté tout le temps de ce travail dans l'eau. Je commence à avoir plein de fourmis dans certains membres. La position ne me convient plus, il faut que je bouge.
Je sors de l'eau et m'installe sur mon lit, en chien de fusil, en travers du lit.
De nouveau, notre sage-femme ou l'Homme doivent me tenir la main et me masser le dos, j'interdis à mon cher et tendre de me lâcher.
Je me sens sans forces et celui qui a ma main doit la serrer, encore et encore.
Les contractions sont très rapprochées, je suis complètement dedans, les temps de pause sont minimes.
A un moment, je sens que cette position n'est de nouveau plus confortable, je me mets sur le dos et ouvre les jambes. C'est le signe, je dois réellement changer de position.
Je m'accroupis au pied du lit. Mon homme fait de même juste en face de moi. Nous lions nos mains et nos bras. Les siens s'en souviendront quelques jours !
L'avantage de la posture, je suis confortable pour le travail et peut poser le haut de mon corps sur le lit pour le repos, sans aucun effort.
Les phase de repos sont minimes, j'ai du mal à reprendre mon souffle au sens figuré.
Ce sont d'abord la suite des contractions, elles s'enchaînent comme des folles. L. confirmera qu'elles étaient bien rapprochées et ne m'ont pas laissé beaucoup de répit.
Puis arrive le début de la fin, la/les poussée(s).
A ce moment ce sera le plus difficile, il y a encore beaucoup de contractions et je dois apprivoiser ce nouveau mouvement de mon corps que sont les poussées. Je mets quelques cycles à gérer mon souffle.
Et puis les contractions se font moins présente, plus légère, et les poussées prennent la place. Elles sont étonnantes, mais il y a une ou deux minutes entre chaque d'après la sage-femme.
Avec l'Homme nous nous avouerons avoir fait un certain nombre de mini-sommeils pendant ces pauses, pour récupérer.
Très régulièrement je demande à notre sage-femme quand ce sera la fin. Je n'en peux plus, je pleure souvent pendant la poussées et retrouve mon caractère pendant les pauses. Invariablement et calmement elle me dit qu'elle ne sait pas quand ce sera la fin, mais qu'à 10h ce matin, c'est certain, notre enfant sera là.
Je me souviens avoir regardé le radio-réveil, encore et encore, mais je n'ai aucun souvenir de l'horaire.
Je suis dans ma bulle, cette fameuse bulle de l'accouchée. Elle m'est indispensable. J'ai une vague conscience de ce qui se passe autour de moi, la sage-femme qui change les tissus sous moi, qui change l'eau pour me passer un linge sur les reins, qui change de positions pour tenter d'appliquer ses mains pour m'aider ou suivre mes mouvements.
Mon Homme en face ne me quittera à aucun moment, de toute façon, dans la douleur, je le lui ai interdit. Constant et présent, il est ma bouée.
A un moment la sage-femme me dit qu'elle commence à voir de petits cheveux !!!
Sa tête est plus grosse que prévue ajoute-t-elle. L'information me laisse tranquille, arrivée à ce point, je m'en fiche, il doit sortir, il sortira !
J'essaye de me figurer le chemin que fait la tête de mon bébé. Cela m'aide doucement.
Dans cette étape, mon corps et celui de mon bébé sont en osmose pour me demander de pousser, la tête de mon bébé descend, à chaque poussée la tête gagne quelques millimètres, puis elle remonte. C'est cette remontée qui me fait mal.
Quand je pousse je broie les mains et les bras de mon cher mari. Quand la tête remonte, je tente de retrouver mon souffle, cette "grosse" tête remonte toute seule.
Petit à petit elle gagne du terrain.
J'avais lu qu'arrivée près du bout, l'ouverture finale brûlait, je m'attendais à cela, et finalement, non. Je ne l'ai pas remarqué.
Je sens qu'on touche le bout, mais malgré ma question récurrente "ça finit quand ??", je nous pense encore plus loin.
Les efforts sont plus intenses et au moment donné je sens qu'il faut y aller à fond. J'ai souvenir de deux poussées finales.
Notre sage-femme a juste le temps de demander à mon Homme de venir recevoir le bébé.
Et c'est la délivrance. Le mot est bien trouvé. Je sens que je suis délivrée. Mon bébé est sorti et enfin tout retombe.
Je m'allonge sur le lit, mon bébé sur le ventre. Il crie, encore et encore.
Il est 7h44, ou presque. 7h44, c'est l'heure à laquelle depuis plusieurs semaines nous mettons le réveil. À quelques minutes près, on choisit ce clin d'oeil.
Notre sage-femme nous demande comment nous souhaitons l'appeler.
Nous nous regardons. Sommes-nous toujours d'accord ?? Oui ? Oui ? Ok, ce sera Lapin ! les dés en sont jetés !
Puis il sera temps d'expulser le placenta.
On m'avait dit, tu verras, tu es tellement contente d'avoir ton bébé sur le ventre que tu ne sentiras rien.
Peanuts...
J'ai mon bébé sur mon ventre, et je sens la morsure des contractions me reprendre. L'Homme est fini. Le bébé est là, il est aussi fatigué que moi, mais est maintenant dans une sorte d'ailleurs, d'outre-fatigue. Comme pendant le travail, je ne suis pas capable de serrer ma main, j'ai besoin qu'il le fasse, mais il n'est plus là. Il ne comprends pas. Je franchirai donc cette dernière étape seule.
Je sens chez la sage-femme une mince crainte car le placenta ne sort pas assez vite.
Et puis il sort, et c'est de nouveau une délivrance, je sens qu'enfin tout est fini.
Le Nouveau Papa va couper le cordon.
On enroule notre enfant dans un lange et une couverture. On tente de faire tenir un petit bonnet sur sa tête. Mais on va se battre, il ne tiendra pas ;-)
Cher Mari va nous acheter de quoi déjeuner et les journaux du jour !
Je tente de le mettre au sein, c'est douloureux. Je crois qu'il n'y a pas été longtemps, mais ce n'est pas grave. Il le reprendra plus tard. Je crois qu'il va dormir.
Notre sage-femme m'accompagne aux toilettes, je vais dans la douche pour au passage me nettoyer sommairement, et fini finalement par prendre une douche, cela me fait tellement de bien !
Elle nettoie sommairement la chambre. Je me couche sous la couette avec ce petit Lapin. Le Nouveau Papa nous rejoint. Notre sage-femme descend au salon remplir ses papiers et nous laisser tous les trois.
Sur le torse de son père le Lapin lève vaillamment sa tête pour regarder le monde, déjà !
Il fait beau, ce sera une belle journée.
Nous passons la matinée au lit tous les trois.
Nous appelons nos parents, nos proches, quelques textos.
Et dans l'après-midi mes parents arriverons.
Notre sage-femme va repasser pour examiner notre bébé, Lapin est pesé, 4kg100, et mesuré entre deux livres de la collection La Pléiade, chic !! Mesure ensuite révisée ensuite par plusieurs mesures familiales et confirmée, il fait 55cm.
Ma maman s'occupera de faire une lessive, préparer un repas. Ma soeur viendra pour dîner. J'ai faim, je sors d'une épreuve physiquement ! Je mangerai tranquillement à l'étage.
Je ne crois pas avoir eu la force de descendre.
Mes parents, ma soeur et mon Homme partageront un dîner avant que mon Mari prenne enfin une bonne douche et que nous profitions d'un bon sommeil.
C'est le début d'une semaine un peu hors du temps grâce à nos parents, et de notre vie à trois !

 ----


Si toi aussi, tu souhaites publier ici "Le jour où tu as accouché", n'hésite pas à m'envoyer un mail à mamanature49@gmail.com.


Un grand merci à ¨M. pour avoir partagé ce témoignage avec moi et accepté qu'il soit publié.
Ces mots lui appartiennent, merci de ne pas les recopier. 
Rendez-vous sur Hellocoton !

samedi 27 avril 2013

La naissance à domicile d'un petit phénomène - Le jour où j'ai accouché #6


Aujourd'hui, H. et M. (même pas fait exprès - on les appèlera Hermione et Monsieur pour respecter leur anonymat) ont souhaité partager avec nous la naissance à la maison de leur petit Phénomène, accompagnés par Jak et Li, les même sage-femmes qui m'ont accompagné pour la naissance de ma Mini-Pépette. Bonne lecture!


Récit de naissance de Phénomène


Le terme était prévu pour le mercredi 26 septembre 2012. Un RDV au CHU était programmé pour un « contrôle ». La sage femme met en place des capteurs sur mon ventre pour faire un monitoring. Puis elle me fait un toucher vaginal (le deuxième de toute ma grossesse !), elle me dit que mon col est ouvert à 2 et est encore tonique. Elle me dit qu’elle connaît une méthode naturelle pour déclencher le travail. Je me réjouis et suis ouverte à sa proposition. J’imagine qu’elle va me proposer des tisanes… Alors qu’elle est toujours en train de me faire le TV, elle me dit qu’il s’agit d’un décollement de membranes. Je suis un peu affolée et je lui dis non assez fermement. Elle rétorque que j’aurai toujours le temps d’accepter plus tard.
Le monitoring montre que j’ai des contractions. Je ne m’en rends pas compte. Je trouve que c’est assez déstabilisant et que du coup, on se fie à la machine et plus à notre corps. La sage-femme me fait une prise de sang pour vérifier mon taux de fer, elle est inquiète et me dit que si j’accouche au CHU, j’aurai des injections de fer… Elle nous dit aussi que pour un premier accouchement on se fait une idée et que dans la réalité c’est bien différent. Elle me demande ma sensibilité à la douleur. Je n’en ai aucune idée. Pour cela, elle me demande si j’ai déjà eu des opérations et comment je les ai supportées. J’ai ensuite RDV avec une interne qui me fait une échographie pour voir s’il y a toujours assez de liquide amniotique, à priori c’est le cas. Nous n’avons aucune information précise lors de cet examen. Un prochain RDV est fixé dans 48 heures c’est à dire vendredi 28 septembre à 15H30.
Je commence à être inquiète, je ne veux pas être déclenchée. C’est tout notre projet qui tomberait à l’eau. Le suivi tant espéré ne serait pas là, et l’accouchement serait déjà médicalisé dès le début avec l’injection d’ocytocine ou de prostaglandine. Alors le jeudi je me dis qu’il faut se donner les moyens pour ne pas être déclenchée. Je fais mes vitres (enfin 3 sur 6), avec Monsieur nous marchons le soir pendant une demi-heure voire trois quarts d’heure et ensuite un peu de ménage, rangement puis nous faisons l’amour, tant qu’à avoir de la prostaglandine autant qu’elle soit naturelle !
La nuit passe, je me réveille une première fois pour aller aux toilettes (classique depuis plusieurs nuits…). A 5H30, je me réveille à nouveau pour aller aux toilettes. Je me recouche et je sens des contractions. J’en avais pendant mon sommeil mais elles ne m’empêchaient pas de dormir. Par curiosité, je regarde l’heure pour connaître leurs fréquences. Elles sont au départ rapprochées toutes les trois minutes puis toutes les cinq minutes, ça dépend. Je commence à les accompagner vocalement, je gémis très légèrement. Vers six heures, je me décide à aller prendre un bon bain chaud. Si jamais l’accouchement est prévu pour aujourd’hui, le travail continuera dans le bain. Monsieur m’apporte l’ordinateur et me met un film. J’ai du mal à la suivre, je me concentre sur les contractions qui sont plus présentes. Je me sens bien dans l’eau. Elle est chaude comme j’aime, c’est agréable. J’ai allumé ma bougie du blessing way et l’ai mise derrière ma tête, derrière la baignoire. Je suggère à Monsieur de descendre les toilettes (nous avons des toilettes sèches). Il me demande s’il faut appeler Li. Je lui propose qu’on attende encore un peu. Je trouve qu’il est tôt. Elle a eu deux accouchements de nuit quelques jours auparavant alors je n’ose pas la déranger tout de suite. Je veux la préserver un peu et lui permettre de dormir encore un peu. Monsieur n’arrête pas, il s’occupe de toute la logistique. Il descend un matelas, met une bâche dessus, un drap… Environ trois quarts d’heure après le début du bain (il m’est difficile de donner des heures, la notion de temps disparaît pendant l’accouchement), je propose à Monsieur d’appeler Li. C’est chose faite, il l’appelle, lui dit que je suis dans le bain et que j’ai des contractions. Elle lui répond qu’elle a passé la nuit chez un couple mais que la dame n’a pas accouché. Elle est à Ingrandes sur Loire, elle a donc une heure de route. Elle part. J’étais un peu inquiète, ne l’ayant pas au téléphone, j’avais compris qu’elle accouchait l’autre maman et donc qu’elle ne pourrait pas venir. Monsieur me rassure et me dit qu’elle part. Chouette, ça y est c’est parti… C’est un peu l’excitation, hop ça y est !!!! Les contractions sont toujours présentes. Je commence à avoir envie de sortir du bain, cela fait maintenant une bonne heure que j’y étais. Je veux aller aux toilettes. La fameuse « chasse digestive » dont nous avaient parlées Jak et Li, est pour maintenant. Je mets une culotte et un débardeur. Je gère quelques contractions à quatre pattes dans les escaliers, c’est pas mal comme endroit pour les appuis. Je suis contente qu’on ait appelé Li et j’ai hâte qu’elle arrive. Je me dirige ensuite sur le matelas que Monsieur a installé près du canapé. Je suis à quatre pattes encore, la tête sur le canapé et je commence à sérieusement faire des sons graves, j’essaye de m’appliquer à ce qu’ils soient bien graves, je les ressens dans le bas de mon ventre. Il y a de la musique, je ne me souviens plus qui l’a mise, je crois que c’est moi. Il s’agit de la bande annonce du film le premier cri.
Li arrive (il est peut-être 8 heures), j’ai toujours la tête dans le canapé et reste concentrée sur mes contractions. Elle propose qu’on éteigne la lumière dans le salon. Ca me convient, il est vrai qu’elle était forte. La bougie est toujours à mes côtés. Li s’installe. Mes contractions sont dans le dos, comme quand j’ai mes règles mais de façon plus intenses. Ce n’est pas du tout agréable. Li et Monsieur mettent de l’eau à chauffer et remplisse la bouillotte. Ca me fait du bien, ça ne me soulage pas mais c’est agréable. Les contractions s’intensifient, je fais toujours des sons graves, des « oooooooo ». Li et Monsieur m’encouragent et m’accompagnent pour que les sons restent bien graves et viennent bien du bas de mon ventre et non du fond de ma gorge. Monsieur s’occupe de mon dos, les contractions me font mal au dos. Il me masse, tient la bouillote. Après un petit moment, Li me propose de m’examiner, les contractions sont toujours assez rapprochées. Elle me dit que je suis quasiment à dilatation complète. Elle est surprise et me dit que c’est comme si j’accouchais de mon troisième et non pas comme une primipare… Je suis heureuse. Yes !!! Je lui demande ce qu’il va se passer, si ça va être encore long, combien de temps est-ce qu’il reste… Elle me répond qu’elle ne peut pas me dire combien de temps il reste mais que le travail avance très bien et qu’à cette allure, j’aurai accouché avant l’heure du déjeuner. Une nouvelle satisfaction pour ma part. Je ne peux pas m’empêcher de calculer dans ma tête, je me dis que j’arriverai à accoucher en six/sept heures. Je suis fière. J’ai une pensé, des pensés pour mes parents. Je réfléchis à comment je vais leur annoncer. Ils seront très certainement à table. Mon portable a sonné dans la matinée puis le fixe aussi, je me doute que c’est maman qui m’appelle…
Je suis un peu inquiète car la poche des eaux n’est pas rompue. Je n’ose pas tout de suite en parler à Li puis je me lance, je lui pose la question, je lui demande si c’est normal. J’avais en tête que la poche des eaux se rompait au début et que ça accélérait le travail. Du coup, si pour moi elle n’était toujours pas rompue, c’est qu’il allait y en avoir encore pour longtemps. Non, elle m’explique que la tête du bébé appuie dessus et que du coup elle ne peut pas se rompre mais que ce n’est pas grave. Elle est fissurée et il y a des petits écoulements de temps en temps. Monsieur s’occupe de mon dos en permanence pour essayer de me soulager, il me masse, le bouge de droite à gauche, il me met la bouillotte mais c’est toujours assez fort.
Je varie les positions. Je marche de temps en temps, m’allonge, me mets à 4 pattes, vais aux toilettes… Li me demande si je veux boire, oui c’est le cas, j’accepte un verre d’eau. Peu de temps après je le vomis. Je suis fatiguée. Je commence à avoir envie de pousser, il est peut-être 10H30, 11H ? Pendant les contractions je pousse, j’accompagne la contraction. L’envie de pousser est plus forte que moi. Je sens venir les contractions par la douleur dans mon dos, elle s’intensifie peu de temps avant la contraction comme une énorme bouffée de chaleur mais au niveau du dos. Pendant ces contractions, j’ai besoin qu’on soit avec moi, j’ai besoin de m’accrocher pour pouvoir pousser. Li et Monsieur me nettoient de temps en temps depuis un petit moment avec des lingettes lavables ou des gants de toilettes et de l’eau chaude. C’est agréable, ça me fait du bien.
Je demande à Li qu’elle va être la suite des évènements, quel chemin il reste à parcourir au bébé, si ça va être long… Elle m’explique les passages que le bébé doit encore parcourir, je me souviens de deux étapes. A chaque contraction, je pousse. Je suis fatiguée, j’ai besoin de m’allonger. J’en ai marre et en plus j’ai mal. J’ai envie que ça se termine, j’ai envie de dormir. Je me souviens dire que j’ai qu’une envie : dormir avec mon bébé. Dès que je m’allonge, l’espacement des contractions est plus important. J’ai froid aux pieds. Ils me mettent une couverture mais je ne la supporte plus dès l’arrivée d’une contraction. C’est une gymnastique, ils me couvrent à chaque fois entre chaque contraction et me découvrent dès l’arrivée d’une nouvelle contraction. Je me plains : j’ai mal au dos, j’en ai marre, c’est long, je veux que ça se termine. Li m’examine à nouveau. Pas de grand changement. Elle m’explique que mon col est totalement ouvert mais d’un côté il n’est pas totalement mou (encore tonique), il y a un bourrelet, c’est ce qui bloque la descente du bébé. Li appelle Jak pour lui expliquer la situation. Je produits des sons graves, je ne veux surtout pas entendre ce qu’elles se disent, j’ai trop peur d’entendre une mauvaise nouvelle. Li revient nous voir, elle dit qu’il faut patienter et continuer à masser le col. Jak dit qu’il n’y a pas d’urgences, elle n’a pas besoin de venir. A chaque contraction, Li me masse le col pour m’aider et essayer de faire disparaitre le bourrelet. Elle me donne de l’homéopathie. Elle me propose de changer de position, je me mets à quatre pattes sur le matelas, marche un peu, me suspends aux rambardes de l’escalier… Je suis fatiguée, le fait de pousser m’épuise et ne produit pas les résultats souhaités. Le bourrelet est toujours présent. Le temps passe, je ne sais pas quelle heure il est. J’ai souvent envie d’aller aux toilettes. Dès que Monsieur part ou veut partir, j’ai une contraction qui arrive de suite ! Je me demande comment on pourrait faire pour aller à l’hôpital. J’en ai vraiment marre, j’ai mal, je veux la péridurale. Mais je me rends bien compte que ça n’est pas possible, j’ai des contractions trop rapprochées. Je m’imagine dans la voiture avec les contractions. Après je me dis que je serai tellement fière de moi d’accoucher sans. Je me dis que je suis peut-être dans la phase de désespérance mais elle me semble longue. Je sens que Monsieur se démobilise, je lui demande de ne pas me laisser. Li est désolée pour moi. Le bourrelet est toujours présent. Je m’énerve un peu et met un coup de poing dans le matelas. Li écoute le cœur du bébé à plusieurs reprises entre les contractions avec le doppler et tout va bien à chaque fois, le bébé n’est pas en souffrance.
Elle nous demande si on veut appeler Jak pour qu’elle apporte un nouveau souffle. Je dis oui, ça me ferait plaisir de la voir. Les contractions se rapprochent et s’intensifient. Li appelle Jak, elle lui explique que le travail stagne et qu’un nouveau souffle pourrait être bénéfique. Tout le monde est épuisé. Je suis allongée sur le côté sur le matelas. Une fois que Li raccroche, elle me propose de me mettre debout, de changer de position. Je me remotive et m’encourage. Je marche un peu, me rapproche de la rambarde des escaliers, une contraction arrive. Li masse toujours mon col. Je sens que le bourrelet disparaît d’un cou et je sens la tête de mon bébé descendre. Elle est là, sa tête est tout prête. Ca nous remotive. Je vois Li qui prépare des instruments, elle sort une boîte. Je suis suspendue à la rambarde, les radiateurs sont à mes pieds. Li met des coussins sur les radiateurs. J’ai très envie de pousser. Elle nous propose de changer de position. Monsieur était derrière moi, il me massait le dos. Monsieur se met au sol sur les genoux, ses fesses sont sur ses pieds. Je pose mes fesses au sol et mon dos est incliné et repose sur Monsieur  J’ai les pieds sur les radiateurs. L’endroit n’est pas idéal mais il est « trop tard », j’ai très envie de pousser. Ca y est, c’est parti. Monsieur me dit qu’il voit ses cheveux, il est très ému, je l’entends pleurer. Moi je ne vois rien, je me décale un peu pour essayer de voir, je touche mon sexe et sa tête. Ca me donne de l’énergie. La douleur est intense. Je regarde Li avec des yeux effrayés, je lui dis que j’ai peur. J’ai en effet très peur. La douleur est intense et me fait très peur. Ca me brûle énormément, Li me met un gant chaud sur mon sexe, ça me soulage. Maintenant c’est différent, je ne peux plus me reposer entre chaque contraction. Une fois la contraction passée j’ai toujours mal, ça me brûle toujours, ça tête avance progressivement, je l’aperçois. Une fois la contraction passée, sa tête remonte. Je demande à Li de m’aider, de retirer ce bébé. Elle me dit que ce n’est pas possible et que si elle le faisait ça serait encore bien plus douloureux. J’ai tellement mal que je me dis que lors de la prochaine contraction, il faudra pousser fort pour que ça se termine le plus vite possible. Une autre contraction arrive, je pousse fort, ils m’encouragent, je vois ses cheveux noirs sortir, une partie de sa tête. C’est énorme dans quelques minutes nous verrons notre enfant… J’ai très mal, je le dis, j’ai mal au clitoris, à la vulve et au périnée. Tout est tiré, distendu. J’ai vraiment très peur, j’ai l’impression que tout va « exploser », que tout va se déchirer. Une autre contraction arrive, je pousse fort, très très fort et la tête sort. C’est magique, sa petite tête est là. Je ne me souviens plus après ce qu’il s’est passé. Une nouvelle contraction arrive et le corps sort. Li prend le bébé et le met sur mon corps, c’est une fille. Je lui fais des bisous, lui dit que je l’aime. Li la frotte un peu, elle a l’air un peu « grogui ». Elle nous fait entendre sa voix, et elle me regarde, un regard intense inoubliable...
Peu de temps après, j’ai à nouveau des petites contractions, je crois qu’au bout de deux le placenta sort. Jak arrive à ce moment. Li nous fait toucher le cordon, il bat encore. Nous attendons avant de le clamper. Puis Monsieur le coupe.
Après, je me dirige sur le matelas. Monsieur porte Phénomène, elle est en peau à peau… Li me met de l’argile blanche sur ma déchirure. Avec Phénomène, nous commençons à faire connaissance, elle veut commencer à téter, la mise au sein est un peu difficile, je ne sais pas du tout comment m’y prendre. Li et Jak sont là pour nous aider. Ensuite, Li  fait les premiers soins à Phénomène, elle s’occupe de son cordon puis la pèse. Les enchères sont lancées, Jak dit 3kg8 et Li 3kg6 si je me souviens bien. En fait ça sera 4kg100… Un beau petit morceau. Mon ventre est tout flasque, ça fait bizarre, il est mou et bien moins gros.


Tout le monde commence à avoir faim. Nous n’avions pas pris de petit déjeuner ni déjeuner… Li non plus. J’avais préparé un grand plat de moussaka la veille. Li,  Jak et Monsieur vont manger. Et moi j’ai envie d’amandes et de chocolat ! Cela fait beaucoup rire Monsieur  il dit que c’est un signe de bonne santé ! Le téléphone sonne, je reçois un sms de Perrine me disant que Walnut (Fleur de Bach) est dans son garage, je lui réponds que j’en n’aurai pas besoin et que Phénomène est née. Mon portable sonne à nouveau, c’est maman, je ne peux rien cacher, Phénomène s’exprime !!! J’appelle Papa pour lui annoncer puis Pauline et Thibaud. Monsieur s’occupe d’appeler Claude, Sandra, Fred et Hélène. J’appelle Marion et Perrine. Nous sommes accrochés au téléphone ! Monsieur appelle les futurs Parrain : Chacha et Marraine : Stéphanie, pour leur annoncer et leur demander s’ils sont prêts à accepter ce nouveau rôle.


J’ai appelé le Chu pour m’excuser de ne pas être allée au RDV mais c’est parce que j’avais accouchée. La sage-femme, Mme B., nous a rappelé un peu plus tard et a posé un tas de questions à Monsieur. Le manque de confiance dans le professionnalisme de Li était flagrant. Quelle quantité de sang j’avais perdu, Combien de temps elles étaient restées, combien de temps ça avait duré, si je continuais mon traitement pour le fer, qu’il faudrait envisagé une perfusion… etc… Je crois qu’elle avait besoin d’être rassurée et de se rendre compte que oui, Li et Jak sont de VRAIES sages-femmes et aussi voire plus professionnelles qu’elle(s) !


Maintenant avec le recul, je dirai que oui pour tout l’or du monde, je souhaiterai à nouveau accoucher à la maison avec la présence de Li et/ou Jak. Quel bonheur de pouvoir vivre ça en toute intimité et d’être soutenue, encouragée, valorisée. Je sors de cette expérience bien plus forte, tellement fière de moi, d’avoir réussie à le faire. D’avoir permis à notre fille d’avoir une naissance sans violence et dans une grande douceur. A l’abri de certains gestes médicaux qui auraient été inutiles dans notre situation. C’est une très belle rencontre que nous avons faite, un vrai lien de CONFIANCE avec nos deux sages-femmes. Grâce à elles, nous avons pu vivre quelque chose d’exceptionnelle. Nous nous sommes tout de suite sentis bien, nous connaissions ce lieu. Nous avions « juste » à nous concentrer sur cet accouchement. Le suivi global aura été le suivi qui nous fallait pour cette grossesse.





                                                                              ----


Si toi aussi, tu souhaites publier ici "Le jour où tu as accouché", n'hésite pas à m'envoyer un mail à mamanature49@gmail.com.


Un grand merci à H. pour avoir partagé ce témoignage avec moi et accepté qu'il soit publié.
Ces mots et cette image lui appartiennent, merci de ne pas les recopier.
Rendez-vous sur Hellocoton !

samedi 24 novembre 2012

La naissance à domicile d'un petit Caméléon par "Deux minutes Papillon" - Le jour où j'ai accouché #5

Et non, ce n'est pas encore le récit de mon accouchement, ça viendra (ba oui, il faut que je me décide à l'écrire un jour...).
Aujourd'hui, "Deux minutes Papillon" a souhaité partager avec moi, avec vous, la naissance à domicile de sa deuxième petite fille, son petit "Caméleon". D'ailleurs, si vous ne le connaissez pas encore, je vous conseille d'aller jeter un oeil régulièrement sur son blog (ici)! On y parle éducation (Oui, deux minutes papillon est une maîcresse), école alternative, parentage, écologie... bref, on ne s'y ennuie pas! 




Dimanche 6 mars 2011
6h26 : Je suis réveillée à  par des contractions, toutes les 10 minutes, puis toutes les 7-8 minutes jusqu’à 9h30. Je crois que c’est pour aujourd’hui !
Le Papillon emmène le Crapaud chez une amie (sa maîtresse!) et installe tout ce qu’il faut pendant que je prends une douche : il descend notre matelas, installe le chauffage et recharge de bois le poêle, dépose des bougies un peu partout et amène le lecteur CD à portée de mains.
Notre SF (sage-femme) est prête à venir, mais les contractions se tassent… il faut attendre.
On en profite pour faire un peu de shiatsu (séances faites pendant la grossesse pour aider à l’accouchement).
Je mange, je bois, on regarde un DVD, en attendant que les choses sérieuses reprennent. Sieste.
17h30 : toujours rien !!
Les contractions sont toujours là, à 10 minutes, mais le travail « sérieux » ne commence pas.
Un petit tour dans le jardin et on se met même à faire des crêpes. On se demande si on doit aller récupérer le Crapaud, si jamais l’accouchement a lieu cette nuit, ce ne sera pas très pratique. Finalement, notre amie propose de la garder pour la nuit, chouette !
19h : je m’installe sur internet ; autant s’occuper si rien ne se passe !
Wahou, les contractions reprennent et se font bien sentir ! Une douche pour voir si ça passe, mais les contractions sont là toutes les 5 minutes. Il est 20h30.
Les contractions sont bien plus puissantes, mais la douche les a un peu calmées. On hésite encore à rappeler la SF. Je la tiens au courant depuis le début de la journée, elle m’a dit que ça devrait être pour aujourd’hui ou pour demain, cette naissance.
Elle habite à 1h de route, donc il faudra sans doute l’appeler bientôt si ça semble sérieux maintenant. Allez, on compte le temps entre les prochaines contractions et on voit.
21h30 : la poche des eaux se rompt et beaucoup de liquide amniotique se déverse… OK, on appelle !
La SF est en route. Et le travail s’intensifie vraiment. Heureusement que le Papillon est là, je le sers de toutes mes forces à chaque contraction. Purée ce que ça fait mal !
Pendant tout ce temps, un mot m’aidera à me détendre : « ocytocine » (Hormone sécrétée par l’hypothalamus qui favorise les contractions de l’utérus lors de l’accouchement.). C’est ce qui me reste de toutes mes lectures : bannir l’adrénaline et le stress, et accueillir la douleur pour se laisser envahir par l’ocytocine, qui aidera au mieux jusqu’au bout.
Les vagues de douleur m’envahissent à n’en plus finir, mais le temps de récupération entre chaque contraction est là pour que je puisse me reposer et respirer.
Émettre des sons pendant la contraction et entendre le souffle du Papillon m’aide beaucoup. Je reste allongée sur le côté, accrochée au Papillon.
Parfois, j’ai l’impression d’avoir envie de pousser. La SF n’est pas encore arrivée, mais on sait qu’elle est sur le chemin. Le Papillon me dit « S’il doit sortir maintenant, ne retiens rien ! ».
22h15 : la SF arrive, avec une amie SF également, qui était de passage (et qui est ravie d’assister à son 1er AAD [accouchement à domicile] !)
Elle écoute le cœur du bébé, tout va bien. Au bout d’un moment, elle me propose de regarder où en sont les choses. OK, mais j’ai peur de ne pas être rendue assez loin…
Je lui demande :
« -Qu’en penses-tu toi ?
-Je pense que la dilatation est complète et que le bébé est prêt à arriver.
-C’est pas vrai ? Déjà ?! Génial !
-Il faudrait changer de position…
-Non ! »
Et puis, petit à petit, effectivement, le besoin de bouger se fait sentir (et en plus, je me souviens l’avoir lu : la SF est souvent de bon conseil !)
Je me redresse avec difficulté et je me retrouve sur les genoux, face au Papillon, accrochée à ses épaules.
Et là, plus rien. Je ne ressens plus aucune douleur, je me sens en pleine forme, complètement en dehors d’un quelconque accouchement… j’aurais même envie d’aller piquer un 100 mètres ! J’éclate de rire en disant « Je n’ai plus mal, je ne sens plus rien ! » en regardant tour à tour le Papillon et la SF. Le Papillon, ça ne le fait pas trop rire, il se demande bien ce qu’il se passe. La SF rigole.
Ce petit moment de grâce ne dure pas longtemps… c’était en fait une petite pause avant le « grand saut » ! Certaines femmes passent par une phase de désespérance, pour moi, c’était un petit moment de lâcher-prise complet !!
La réalité me rattrape, le bébé est bien descendu et il va bientôt faire sa sortie. C’est ce que me glisse doucement à l’oreille la SF « Il va falloir le laisser sortir… ». Je n’ai pas l’impression de bloquer, mais à l’entendre, je pense à toutes ces femmes qui sont en train d’accoucher, en même temps que moi, à travers le monde. Si elles y arrivent, moi aussi je peux le faire !
Je m’ouvre à ce passage pour mon bébé, je le sens descendre à travers mon corps, wow, c’est plus qu’intense !!
La douleur est immense, mais je sais qu’elle est là pour que mon bébé puisse naître. Je m’appuie autant que je peux sur le Papillon.
La SF me dit qu’on sent les cheveux, j’arrive à glisser ma main et je sens moi aussi ces petits cheveux mouillés ! On y est presque…
Je ne pousse pas vraiment, je laisse ce bébé descendre encore plus, faire son passage. Et puis, hop, la tête est passée et puis son corps. Ca y est, le bébé est né !! Et le Papillon me dit « Regarde, ce petit Caméléon, c’est une fille ». Je me retourne tant bien que mal et m’allonge, pour avoir mon tout petit sur moi.
Il est 23h02. Ca y est, on l’a fait, on a mis notre bébé au monde, (presque) tout seuls !
Je suis fatiguée, l’accouchement en 1h30 a été très intense, mais tellement fière.
La délivrance est encore une épreuve (c’est pas vraiment mon truc, l’après-accouchement !) mais à minuit, je peux aller tranquillement aller prendre une douche, accompagnée de ma SF. Le Caméléon est doucement posé sur le torse de son papa.
A 1h, la SF repart, et nous allons nous coucher, tous les trois, en face du poêle. Chez nous, tranquillement.
Le lendemain matin, le Papillon retourne chercher le Crapaud et lui annonce la naissance de sa petite sœur! Elle arrive à la maison et vient faire un bisou au Caméléon, qui dort tout contre moi.
En bref, nous avons vécu des moments très forts grâce à cet accouchement.
Pour le Crapaud, j’ai poussé quand on m’a dit de le faire et les médecins m’ont accouchée. Pour le Caméléon, nous avons mis notre bébé au monde. Une sacrée différence !
Une expérience inoubliable…



                                                                              ----


Si toi aussi, tu souhaites publier ici "Le jour où tu as accouché", n'hésite pas à m'envoyer un mail à mamanature49@gmail.com.


Un grand merci à Deux Minutes (va voir son blog je te dis) pour avoir partagé ce témoignage avec moi et accepté qu'il soit publié.
Ces mots et cette image lui appartiennent, merci de ne pas les recopier.
Rendez-vous sur Hellocoton !

vendredi 4 novembre 2011

La naissance à domicile du morveux de Madeleine et Zhom - Le jour où j'ai accouché #4

Alors aujourd'hui, on peut dire que je suis plutôt fière! Fière de pouvoir vous faire partager ici la naissance à domicile du petit morveux de Zhom et Madeleine que vous connaissez sûrement! Vous pouvez devez lire leurs aventures ici. Je dis donc un immense merci à la Madeleine d'avoir accepté de nous raconter son point de vue sur la naissance du petit frère de la morveuse. Pour le point de vue du papa, c'est par ici! 
C'est le premier témoignage d'AAD sur mon blog, j'espère qu'il y en aura d'autres! En attendant, je vous laisse savourer celui-ci...



On est le 20 octobre, à 1 semaine du terme selon le gynéco mais selon mes calculs à moi et à l'échographe c'est demain le terme... Ca fait 1 semaine que je pleure dès que je dois me lever ou marcher tellement j'ai mal au niveau du bassin. Isabelle, ma sage femme, doit passer me faire un monitoring de contrôle aujourd'hui. Monito toujours aussi désert de contractions... J'avoue que je vais sombrer dans la dépression! lol

Ma sage femme a pitié de moi et me propose d'essayer de déclencher tout ça de manière naturelle. J'ai envie de lui sauté au cou tellement je suis heureuse! Selon elle avec cette méthode, j'ai 90% de chance d'accoucher cette nuit. J'avoue je n'y crois pas trop. La journée se passe tranquillement, je rassemble les ingrédients nécessaires à la mixture que je devrais boire ce soir (vous n'en saurez pas plus c'est un petit secret...). On se ballade au parc avec la puce, on va faire des courses... On vit notre vie, mon homme est à l'école il rentre ce soir vers 19h.
20h c'est parti j'ai 1 heure pour boire ma potion, donc on se fait un petit apéro avec ma puce. On couche la puce vers 20h30. Les contractions débutent à 21h. Pas régulières, pas douloureuses. J'en profite pour faire 2 ou 3 trucs dans la maison tout en me disant que c'est bon c'est pour cette nuit! 22h ça fait 30 minutes que je contracte toutes les 5 minutes mais ça fait pas mal donc ma SF me dis de l'appeler quand les contractions commenceront à être douloureuse et toutes les 3 minutes pendant 30 minutes. Je commence à bien avoir mal mais ça contracte toutes les 5 minutes. J'ai accouché en 12h pour ma grande, je me dis que j'ai le temps de voir venir...

Tout s'accelère, je vomi la mixture immonde, tout en ayant des contractions bien douloureuses. Je grimpe dans mon bain à 22h30 pour essayer de soulager les contractions. En fait, l'eau chaude ça fait rien! Au bout de 15 minutes je pète les plombs. J'ai trop mal je hurle coincée dans ma baignoire et son eau à plus de 40! Mon homme appelle la SF (ça fait 20 minutes que je contracte toutes les 3 minutes) Il lui décrit mon état, et là elle saute dans sa voiture. Je hurle dans mon bain, je pleure, je me dis surtout que je tiendrais pas encore des heures avec des contractions comme celle là qui d'ailleurs s’enchaînent tellement vite que j'ai plus l'impression d'avoir un seul moment de répit! Ma puce dort toujours, je hurle et elle dort... 
J'ai envie d'aller aux toilettes je dis donc à mon homme de vider la baignoire et de m'aider à sortir mais là impossible. J'ai envie de POUSSERRRRRRRRRR. Plus de solutions, faut que je pousse. Mon homme me rassure, me dit que si je veux pousser ben je pousse. Je pousse, la main entre les jambes et là je sens sa tête qui sort et la poche des eaux qui se rompt sous mes doigts. Une 2ème poussée et le petit est dans les mains de son papa. Il me le met dans les bras, je suis accroupie dans ma baignoire avec mon fils dans les bras. Il est 23h05. On reste comme ça environ 5 minutes et je vais tant bien que mal m'allonger sur mon lit. Pas facile de bouger quand on a un bébé dans les bras et un cordon entre les jambes...
Ma SF arrive. ça fait 5 minutes que le petit est né. Elle s'occupe du placenta, fait les papiers avec mon homme et repart vers 1h. Et nous, ben on se couche et on s'endort tous les 3 dans notre lit.
 Pour ma premiere, j'ai accouchée en 12h à l'hopital, j'ai été déclenchée pour dépassement de terme. 12h de souffrance pour moi et pour ma fille. On a failli aller en césarienne 3 fois, la petite est née avec la ventouse. Un accouchement ne fait pas l'autre, et l'intervention médicale y est pour beaucoup. On ne peut pas comprer hopital et domicile, le même accouchement se déroulera jamais de la même façon s'il a lieu à l'hopital ou à la maison.
Une naissance merveilleuse, un papa parfait pour m'accompagner, un petit bout adorable, que demander de plus!

-----------------------------------

Si toi aussi, tu souhaites publier ici "Le jour où tu as accouché", n'hésite pas à m'envoyer un mail à mamanature49@gmail.com.

Un grand merci à La Madeleine pour avoir partagé ce témoignage avec moi et accepté qu'il soit publié.
Ces mots lui appartiennent, merci de ne pas les recopier.


Rendez-vous sur Hellocoton !

mardi 6 septembre 2011

La naissance d'une petite végane - Le jour où j'ai accouché #3

Aujourd’hui, je te propose de laisser la parole à Agathe qui a bien voulu me raconter son premier accouchement et a accepté que je le partage avec toi !

Agathe, c’est une pétillante jeune femme adepte du veganisme, maman d’une petite Leonie (18 mois) et future maman d’un Numerobis! Si tu veux en savoir plus, je te laisse la découvrir elle et sa petite ménagerie, sur son blog tout nouveau tout chaud, tout respectueux des animaux. Elle répond aussi à une interview sur le veganisme pendant la grossesse et pour ses enfants ici.



Mercredi 7 avril, je rentre à la maison, on est triste de rentrer « sans toi », je te sens encore dans mon ventre, tu vas bien, tu n’es juste pas tout à fait prête.
15h : ah non! Des contractions douloureuses (je peux dire aujourd’hui que c’était du pipi de chat, du plaisir face à la suite!!) toutes les 10min maxi… puis toutes les 5… à 20h, on s’est surpris à y « re-croire ». Et là non ! Il ne faut pas, attendons, mardi on a vécu pareil !
20h30 : plus rien ! Comme lundi, comme mardi, « Et petite, tu cries trop au loup, nous n’y croyons plus du tout ! »

Vers 22h, je quitte le pc, je monte les chiens, tous les chats sont écroulés sur le lit, j’me dis : purée encore une nuit avec ce gros bide dans ce lit… ». Je fais un sudoku sur ma DS (anecdote qu’on s’en fiche…).
22h30 (et quelques…) : j’entends un « clac », un bruit d’os qu’on aurait frotté, puis cassé, et une douleur, je n’arrive plus à bouger! Je suis comme paralysée, je panique, puis ca disparaît. Je me souviens de ce qu’on dit sur la perte des eaux… serait-ce ca ?? En y croyant un peu quand même, je me lève, un truc qui coule, puis plus rien… je file à la salle de bain voir la couleur, et là : une piscine se vide ! ahhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!!! ca y est !!!!!!!!!!!

J’ai 30 secondes de pure euphorie, de plaisir, de joie, de « holala c’est MON jour, c’est THE jour » !! Puis un « oh ma DS il faut que je l’éteigne je ne vais pas revenir de si tôt » (anectode qu’on s’en fiche le retour ^^).

Tout en inondant le couloir, l’escalier et le salon, j’appelle la maternité : venez directement ! Elle me demande si j’ai des contractions, j’allais dire « non » quand d’un coup je prends une douleur dans tout le dos, puis mon ventre, mes fesses, mes jambes, je flanche, je suis sur le carrelage, je panique devant une telle douleur, ouf ca part. La sage-femme me dit d’arriver assez vite. Mon homme est au boulot, panique ca ne répond pas… je passe 10min dans l’angoisse de ne pas réussir à le joindre… mais ouf il répond ! Les contractions viennent toutes les 2/3min… 30min plus tard, il arrive, il met un temps fou pour gérer les chiens, fermer la porte… je lui hurle dessus, et là c’est SA douleur qui commence !!

Il y a 3 lignes, je disais que je ne connaissais pas pire douleur ! Et ben si !!! Celle des contractions toutes les 2min en voiture ! Une douleur insupportable pour moi, je hurle, je tape dans la voiture, je pleure, je supplie mon homme pour sortir de là, je suis ingérable, je n’arrive plus à respirer, à contrôler quoi que ce soit… J’en ai les larmes aux yeux de m’en souvenir…

23h45 (environ) : On arrive à la mater’, ça me soulage même pas… j’attends sur le sol qu’un fauteuil roulant arrive. Col à 4. La sage-femme essaie de me faire passer en salle d’accouchement, j’y vais en rampant… je pleure que je peux plus continuer, que je peux plus respirer. Elle me dit qu’on n’a pas le choix, mais qu’elle peut appeler l’anesthésiste. Je ne voulais pas de péri, mais à ce moment là j’aurais tué pour qu’il arrive tout de suite avec son aiguille ! Mon homme me dit de la prendre, que ce n’est pas grave que j’ai assez souffert, qu’il me trouve courageuse. Moi je pleure que je ne suis pas courageuse, que je suis nulle… l’auxiliaire essaie de me faire gérer la douleur, impossible. Je ne respire presque plus, je suis tétanisée, mon corps se durcit de partout, il n’y a plus de montée et de descente de la douleur, elle est là, toujours au maximum et constante… je veux mourir, je n’ai qu’une envie c’est qu’on m’endorme, qu’on arrache vite fait mon ventre.
Je suis quelqu’un d’autre, je ne me reconnaissais plus, j’ai broyé les mains de l’auxiliaire, arrachée mon bras alors que la sage-femme tentait de mettre la perf’, hurlé, pleuré comme pas possible…
Je suis raide, je tremble, impossible d’accueillir la douleur, de respirer comme j’avais appris. Ca me semble des heures, ca faisait que 20min que j’étais à la mater’ ! D’un seul coup je sens que ca pousse, je hurle à la sage-femme que je vais faire caca ! Elle regarde, je suis à 7 ! Elle me dit qu’elle comprend que j’ai très mal, que mon corps va vite, que c’est violent, elle me rassure.

L’anesthésiste arrive, et moi je suis tétanisée, quand j’y repense j’ai honte, on aurait surement dit une hystérique, une gamine, j’ai l’impression d’être trop nulle, une sale gamine qui arrive même pas à supporter ca, j’ai honte, mais trop mal pour essayer de supporter, trop mal pour me focaliser sur autre chose… la pieuvre (j’appelais la douleur la pieuvre ) m’avait envahi, ensevelit…
Je dois faire le dos rond, impossible, la sage-femme m’aide, j’y arrive pas, je pleure, l’anesthésiste me dit de baisser mes épaules et là je lui dit sèchement « non » ! J’en reviens pas moi-même d’engueuler et de répondre à l’anesthésiste ! Je lui crie à moitié dessus ! Il me dit « bon si vous faites pas l’effort, je pars ». On y arrive enfin ! Je sens rien, de toute façon il aurait pu me charcuter le dos, la pieuvre m’avalait déjà… alors bon.

Ca diminue, mais ma tension aussi, mon corps n’arrive pas à se décrisper, je tremble encore comme si j’étais en pleine douleur. Puis ca passe, on peut enfin discuter, l’anesthésiste discute avec nous, l’équipe est super quand j’y repense. On rigole, on commence les photos souvenirs, on met de la musique, bref, le meilleur commence !

1h du matin : col entièrement effacé.
2h52 : Minipuce file dans le tunnel magique ^^
Depuis que l’anesthésiste est parti, il n’y a que nous, la sage-femme et l’auxiliaire, pas de changement d’équipe, pas d’autres femmes qui accouchent cette nuit là, c’est parfait !
3h15 : allez, on se met en place pour la poussée, Minipuce va bientôt être là !

Et là c’est le moment magique, le moment que j’ai le plus aimé, que j’ai envie de revivre encore, encore… avec la péri je n’ai pas de douleur de pieuvre, mais je ressens ce qui se passe, je sens que ca pousse, que j’ai envie de pousser, je sens les frottements, enfin tout.
J’ai envie de pousser, beaucoup ! Et ca j’y arrive beaucoup mieux que de gérer les contractions. Je pousse, je respire, je suis heureuse, crevée mais avec une grande envie de le faire.
Mon homme se place de manière à tout voir, et en même temps lui et l’auxiliaire m’aident en me soutenant la tête, en me tenant. Il voit arriver la tête, ses cheveux. Pas besoin d’aide, minipuce sort très bien d’elle-même. Ca fait mal quand sa tête passe ! Ouille ca brûle !

3h48 : ce 8 avril au matin, la sage-femme me dit de tendre mes bras, elle me fait tenir ma minipuce qui n’a pas fini de sortir, je sens tout son corps glisser hors de moi. Elle ne crie pas, elle « glousse », elle fait des petits « miaulements ». Elle n’a pas crié, pas hurlé à aucun moment. Et là quand je la vois, je la trouve trop belle, je ne cesse de répéter « qu’elle est belle, qu’elle est belle »… On ne s’était pas imaginé la trouver si belle.

La suite, c’est une poussée pour tout faire sortir, par choix nous avons voulu voir à quoi l‘enveloppe des 9 mois de notre minipuce peut bien ressembler. Et puis 2h de bonheur, de première tétée, de « elle est belle, elle est belle », de photo, bref, de bonheur.

Au final, je ne regrette pas d’avoir pris la péri, peut-être que je ne serais pas morte d’avoir continué sans, mais ca me semblait impossible, et vu comme ca a été du bonheur la suite, je ne regrette rien.

--------------------------


Si toi aussi, tu souhaites publier ici "Le jour où tu as accouché", n'hésite pas à m'envoyer un mail à mamanature49@gmail.com.


Un grand merci à Agathe pour avoir partagé ce témoignage avec moi et accepté qu'il soit publié.
Ces mots et ces photos lui appartiennent, merci de ne pas les recopier.
Rendez-vous sur Hellocoton !

samedi 27 août 2011

Joyeux anniversaire mon bébé!

Aujourd'hui, ma fille a deux ans! Je ne voulais pas faire d'article spécialement pour ça mais je ne résiste pas à la tentation de partager cette info cruciale avec toi au cas où tu l'aurais manquée...

Je ne pensais pas que ça allait autant me retourner et que j'allais revivre dans ma tête tous les petits moments avant de mettre au monde mon bébé. Aujourd'hui, elle répète "j'ai deux ans" et "souffler bougies".

Mon trésor, merci d'avoir fait de moi une maman, t'avoir auprès de moi est le plus beau des cadeaux. Je t'aime comme jamais je n'aurais cru pouvoir aimer et je me sens heureuse et épanouie dans mon rôle de maman. Il y a deux ans, je vivais un des plus beaux moments de ma vie, celui de notre rencontre, les yeux dans les yeux, celui de notre premier peau à peau, de notre première tétée. Je t'aime mon bébé.

La première tétée d'une longue série...
Et si tu as envie d'un peu plus de lecture, tu peux toujours lire le récit de mon accouchement ici.
Rendez-vous sur Hellocoton !

mardi 23 août 2011

La Naissance de Tiphenn par Véro (Le jour où j'ai accouché #2)

Aujourd'hui, c'est Véro qui a accepté de nous livrer le récit de la naissance de son petit Tiphenn (qu'elle en soit remerciée). Véro nous raconte comment elle et sa compagne ont vécu ensemble la conception et l'arrivée de leur enfant. Un projet de naissance respecté, de l'émotion, beaucoup d'amour, quelques frayeurs... entre autres... (Et je compte sur toi pour le lire jusqu'au bout hein!).


-----------------
La Naissance de Tiphenn


Alors moi c’est Véro et j’ai au début de ce récit 38 ans et 10 mois (j’y tiens !), je suis pacsée avec Nath depuis 5 ans et on vit ensemble depuis 7. Elle a 2 zados d’une précédente union et ensemble nous avons décidé d’agrandir la famille avec un bébé issu d’une coparentalité avec Eric. Ce bébé a donc une maman bio et légale (me), un papa bio et légal (Eric) et une Mamalie illégale et illégitimement dénuée de statut…

Je n’ai pas le droit de vous dire comment a été conçue cette merveille de bébé car en France, la manipulation de gamètes est réglementée mais sachez que je n’ai pas fauté avec le Papa (beurk non non non) et n’ai pas donné naissance à Jésus… à vous de laisser jouer votre imagination ! 

Hormis des démangeaisons horribles (prurit gravidique / gestationnel) parasitant mes nuits, jusqu’au 8ème mois, ma grossesse a été plutôt sereine, ponctuée par les séances d’hapto depuis le 4ème mois et une préparation orientée sophro. Mais à un peu plus d’un mois du terme une hypertension artérielle et de l’oedème sont venus un peu rompre cette harmonie m’imposant un suivi beaucoup plus important à la mat…

Ah oui, je ne vous ai pas dit, je voulais accoucher à domicile, mais pour des raisons financières (certaines SF pratiquent des dépassements d'honoraires très élevés - NDB (Note de la bloggeuse), ce n’était pas possible et le courant n’est qui plus est, pas passé avec la seule SF liberale à la ronde pratiquant les AAD… Du coup j’ai pris contact avec la mat la plus proche pour leur proposer notre projet de naissance, ils l’ont validé, sinon on serait allées ailleurs…

Voici le récit du jour où j’ai accouché…


Le 2 janvier 2011, c’est le jour du terme, enfin l’ultime jour de terme… car on a fait 2 insé, une le 30 mars et une le 2 avril 2010 et on ne peut pas savoir exactement quand l’alchimie s’est faite… quand petit spermato a réussi à pénétrer chez Mlle ovule… Oui parce qu’en plus mes cycles sont courts (ça fait un peu machine à laver cette expression !) donc pas à J14 l’ovulation… bref… Tout ça pour dire qu’après 6 semaines à attendre un accouchement imminent (col modifié et ouvert, tête de bébé très basse) nous étions rendus au Dimanche 2 janvier, date du terme… On a eu droit à la traditionnelle visite à la maternité avec une sage-femme (comme tous les 2 jours, puis toutes les semaines, depuis qu’on m’avait découvert de l’hypertension et de l’oedème) pour un pipi sur bandelette, un monito pour voir la courbe très basse et peu variée de mes contractions et la courbe élevée et tonitruante de bébé qui n’aime pas les capteurs du monito, qu’on se le dise ! Strike à gogo !


Bref là on s’est dit que bébé était bien dans sa piaule et que malgré la fin du bail il n’avait pas décidé de rendre les clés… ! Il savait bien qu’en plein hiver on expulse pas du jour au lendemain… Le protocole était clair, nouvelle visite à la mat le 4 pour voir où on en aurait été puis déclenchement le 6…
Moi, j’avais prévenu bébé : si on attend le 6, c’est déclenchement, donc ça se passerait pas de la manière la plus naturelle, à notre rythme et surtout on ne becterait pas de la journée : l’horreur, quoi !
Bref, on a passé un dimanche normal où éléphantesque oedématiée, je déambulais avec l’allure d’un escargot lancé au galop, pleine de douleurs ligamentaires et pelviennes, le poids de mon ventre énorme appuyant de plus en plus sur mes organes… Et puis, on s’est couchés.

Et dans la nuit, je suis allée faire un pipi comme j’en faisais cinq par nuit et perdant à mon grand étonnement du sang (une première depuis le début de ma grossesse). Pas plus angoissée que ça mais avec néanmoins le besoin de prendre conseil sur la conduite à tenir, j’ai réveillé ma chérie qui m’a dit que ce n’était pas grave, de me recoucher… Ce que j’ai fait…
Néanmoins, lundi matin, elle me réveille pour me demander si je lui ai bien dit dans la nuit avoir perdu du sang, je confirme et là, beaucoup plus alerte, elle m’invite à appeler la mat pour demander conseil à une sage-femme.
Je m’exécute car je suis une fille disciplinée (hum hum) et la sage-femme de service à qui je demande si ça peut attendre ma visite du lendemain me dit de rappliquer et fissa… bon j’exagère un peu mais pas tant que ça !

Quand nous arrivons, Anaïs, la Sage-Femme qui gère les consultations nous attend et a pris connaissance de notre dossier et de notre projet de naissance. Elle nous introduit dans la salle d’auscultation pour un monito où bébé se montre plus calme et mes contractions un peu moins qu’à l’accoutumée mais sans que cela soit probant. Prise de tension, encore limite. Et puis l’examen gyneco, réalisé sous couvert d’un drap, avec beaucoup de pudeur, révèle que mon col s’était encore modifié, ouvert à deux doigts larges. Elle procède à un prélèvement pour vérifier si ce que j’ai perdu est bien, comme elle le croit, du liquide amniotique. Soudain, tout sourire, Anaïs nous déclare que cette fois c’est parti, que nous ne quitterons pas la maternité sans notre bébé.

Elle s’absente momentanément pour procéder à mon admission dans le service, nous laissant hébétées et émues, les larmes coulent, nos mains se serrent… ça y est… c’est enfin le moment de la rencontre ! Excitant, émouvant et flippant aussi !

Anaïs nous accompagne dans le service où la chambre 4 va m’accueillir momentanément pour démarrer le travail, c’est une chambre double, déjà occupée. Elle passe le relais à Claire, la sage-femme qui est de service en chambres ce jour là.
Depuis des semaines, dans le coffre on trimballe le sac des affaires de bébé et ma valise… et là on l’avait retirée ! Fatalement ! Donc ma chérie rentre à la maison chercher la valise et le coussin d’allaitement.
Il est midi, on nous amène de quoi nous restaurer mais moi qui craignais de ne pas être nourrie pour l’accouchement s’il était déclenché, ben j’ai pas faim ! Pourtant je n’ai pas déjeuné, juste un bout de pain au chocolat acheté en route.

Anne, la sage-femme qui officie, en salles d’accouchements vient se présenter et me proposer d’aller en salle de travail dés que je le sens, si on veut être tranquilles, dans un endroit plus intime que la chambre.
Ma chérie est revenue quand Anaïs revient me voir pour prendre des nouvelles et m’inviter à marcher dans le hall de la maternité, me déplacer pendant ce début de travail tout gentil. Je m’exécute un peu, mais pas très longtemps, marcher me devient difficile. Je reviens à ma chambre, le travail a commencé, le mal de ventre diffus a laissé place à des contractions bien perceptibles pour la 1ere fois. Elle avait raison Corinne, la super sage-femme qui a assuré la préparation à l’accouchement : quand les contractions de travail sont là, on ne peut pas les louper ! Je me replonge dans la préparation, m’enferme dans ma bulle et adopte la respiration ventrale, allongée sur le coté, appuyée contre mon coussin d’allaitement.

Ma voisine reçoit de la visite. Il est 14h, les contractions s’accélèrent, plus que 5mn entre chaque pour me reposer, elles s’intensifient, je souffle profondément à chaque respiration pour éviter de gémir. Je vais aux toilettes au sortir d’une contraction, mais je me rends vite compte que mes poussées ne sont pas liées à un besoin d’aller à la selle. Nouvelle contraction, alors que ça ne fait pas 5mn que je suis aux wc… Je me recouche et ma respiration emplit la pièce à tel point que quand je souffle, la visite de ma voisine se tait. Ma chérie me soutient comme elle peut de caresses et massages et chronomètre sans en avoir l’air. Toutes les 3 mn ! Il serait peut être temps d’aller rejoindre la salle d’accouchement… J’accepte à la satisfaction de tous, je crois !

Une aide-soignante vient nous chercher, nous traversons le service pour arriver à l’accès interdit au public à l’entrée duquel il faut chausser des surchaussons pour moi et blouse en sus pour ma chérie. L’AS nous installe en salle de travail, il est environ 15h. Anne la SF, vient me voir, me rapporte le ballon, le corpomed, elle nous propose de rester seules et de l’appeler en cas de besoin.
Je m’allonge toute habillée et me remets sur le coté, les contractions sont de plus en plus douloureuses, je m’accroche à la table, je ne retiens plus mes gémissements. A 16h, Anne me propose d’aller voir où en est le col : 6cm ! C’est plus fort que moi mais je pronostique l’arrivée de bébé pour 18h30-19h… je me dis que le plus dur est fait ! Ca me donne du baume au coeur !
Je me réinstalle sur le coté car les contractions sont dans le dos et donc moins supportables sur le dos. Elles ne s’interrompent quasi plus. Le monito me gêne, les capteurs ont du être serrés à mort pour ne pas se barrer au moindre mouvement, Anne accepte de virer celui des contractions, il ne reste que le capteur pour bébé.
Elle repart nous laissant seuls tous les trois, je parle peu, me concentre sur ma respiration, Nath accompagne chacune de mes contractions en m’aidant à m’étirer, me masse le dos. Deux heures passent sans que je n’aie plus de notion de temps.

A 18h, Anne revient, propose de regarder l’évolution du col, j’accepte, j’ai besoin de bonnes nouvelles ! Je n’en aurai pas… « 6,5… » Oh mon dieu, 2h de souffrances pour un malheureux demi centimètre !!!
Compatissante, elle me dit qu’il est toujours possible d’opter pour la péridurale… Non, non, non et non, je m’y refuse ! Elle propose de percer la poche des eaux, me dit que ça ira plus vite car la descente sera facilitée, mais plus douloureuse. Je demande un délai. Elle me propose de changer de position, de me lever, de marcher, de me mettre sur le ballon, bref de bouger pour aider le travail. J’obtempère mais c’est dur… tout m’est pénible, rien ne me soulage. Je finis par me recoucher.

19h, nouvelle observation du col. Anne fait la moue, ça n’a pas bougé… 3h que les contractions ne sont plus productives, que je me fatigue pour rien, elle dit que je devrais la laisser percer la poche, ce n’est pas une grosse entorse au projet de naissance, ça lui permettra de voir ce qui bloque, si ça ne permet pas à la dilatation de reprendre, c’est peut être signe que la tête du bébé bloque dans le bassin, il faut savoir… Elle est claire et sans détour… Je finis par accepter. Avec l’aide-soignante venue en renfort, elles m’aident à me déshabiller, mettent un drap pour cacher et d’après ma chérie, valait mieux, mais en même temps, couchée sur le coté, je ne voyais pas l’instrument utilisé, tant mieux.

La poche est rompue, je ne sais pas si c’est plus douloureux, je crois que j’étais déjà au taquet… Effectivement ça favorise la dilatation, je suis vite à 8cm. Puis les contractions se succèdent sans temps mort, je fatigue, supporte de moins en moins bien la douleur. Je finis par demander si c’est trop tard pour la péridurale, oui… Elle me réconforte en disant que le plus dur est fait… sauf que moi, ça fait déjà quatre heures que j’y crois !

A 21h, changement d’équipe, relève de Anne assurée par Gwendoline, je suis ravie, je l’ai déjà vue aux Portes Ouvertes de la mat, on avait échangé et le courant était bien passé. Anne lui dresse le topo et me souhaite bon courage, Gwendoline se dit que peut-être la poche n’a pas été bien percée, qu’il faudrait essayer de recommencer, j’accepte. C’est infructueux, la poche était bel et bien rompue…

Elle me propose de mettre un appareil à électrodes qui envoie des impulsions électriques dans la zone des contractions pour les soulager, genre qu’on vend à Télé-Achat pour faire des muscles devant sa teloche, allez, tout est bon à essayer ! Bon c’est loin d’être efficace chez moi !

Peu avant 22h30, je sens l’envie de pousser de plus en plus présente, bébé a bien progressé, Gwendoline revient avec Hélène, une aide soignante, en renfort. Ca y est, dilatation maxi, il va falloir y aller. Les premières poussées ont lieu sur le coté, elles sont là encore improductives. Rapidement, Gwendoline me propose de passer sur le dos pour faciliter l’expulsion, avec leur aide, toute en douleurs et en râles, je m’exécute, docile. Elles ne mettent pas les étriers mais m’offrent leur bras pour retenir mes énormes jambes gonflées d’eau, chapeau !

Et là, les poussées s’enchainent, mais je suis épuisée, je n’arrive plus à réfléchir, à me concentrer, ni la sophro, ni l’hapto ne me reviennent, la douleur et la fatigue m’ont liquéfiée… A chaque contraction je pousse en criant, on m’invite à souffler plutôt… ! Facile !

Pour m’encourager, Gwendoline me dit qu’elle voit les cheveux, sa tête est là, prête à sortir… on y est !
Sur une contraction, il faudrait pousser deux ou trois fois mais trop essoufflée, je n’y parviens pas. Le temps me parait long, je commence à avoir peur : et si je n’y arrivais pas ? Et si mon bébé estimé à 2,7kg le 3 décembre était trop gros pour sortir le 3 janvier ?
En fait, je pousse, bébé descend et à la faveur de la contraction, sans nouvelle poussée de ma part, il remonte ! Et les contractions s’enchainent…

Et puis, à un moment Gwendoline se met à m’expliquer que le protocole à la mat, c’est 20mn pour l’expulsion, qu’au-delà elle doit appeler un médecin pour qu’il vienne provoquer l’expulsion, qu’il vienne chercher le bébé. Or là, ça fait 45mn… elle me dit qu’il va falloir mettre la gomme ! Euhhh ça fait 45mn que je le fais, quand même !

Mais bon, je ne veux pas d’un médecin et de son attirail d’instruments, ça me redonne des forces, nouvelle contraction, je pousse de toutes mes forces sur mes jambes, les mains accrochées à mes cuisses, une fois, deux fois, trois fois. Elles m’encouragent, ainsi que ma chérie, on y est…
Céline, une infirmière arrive en renfort, Gwendoline lui confie la « lourde » tache de porter ma jambe à sa place, pendant qu’elle vient se placer entre mes cuisses. Nouvelle contraction, je pousse et je sens que Gwendoline m’aide mais sans savoir comment, je crois qu’elle vient chercher la tête avec ses mains.

 Deuxième poussée et là je n’ai même pas le temps de comprendre, ni de réaliser, Gwendoline m’apporte le bébé et le pose sur ma poitrine. L’une d’elles me demande si j’ai vu ce que c’était, car elles savent qu’on ignore le sexe de notre bébé. Oui, à ma grande surprise, j’ai vu que c’était un petit garçon… Nath, elle n’a vu que ses grands yeux ouverts sur notre monde, le sien maintenant.
Une voix dit : « 23h21 ».

Notre petit Tiphenn est tout nu, sous un lange chaud, toujours relié à moi par son cordon, en peau à peau avec moi, contre ma poitrine. Nath est submergée par l’émotion de voir notre petit bonhomme enfin là, ses larmes coulent. Pas moi, je suis soulagée et sidérée… ça y est... Bébé est là, sain et sauf ! Oufff ! J’ai eu si peur….
On savoure cette rencontre… pas longtemps…

Je ne me souviens pas de tout, ni de l’ordre : on m’a raconté mais dans ma tête c’est loin d’être linéaire, plutôt un patchwork… Je me souviens que je n’ai qu’une idée en tête pendant toutes ces heures : boire ! J’ai soif comme jamais ! Et je liquiderai presque le brumisateur… car on me refuse de boire dans un premier temps.

Il y a un léger bruit quand Tiphenn respire. Gwendoline dit qu’il faut faire les soins, elle prépare la découpe du cordon, propose à Nath de le faire, elle accepte. Ca y est on est physiquement dissociés. On emmène Tiphenn dans la salle de soins, Nath l’accompagne. Soudain elle passe la tête par la porte : « 51cm - 4,040kg ! »… Tu m’étonnes que ça a été raide ! Il sera remesuré à 53cm en sortie de mat... il n’était pas tout à fait déplié !

Le pédiatre de garde est appelé car Tiphenn a de la fièvre, mais moi aussi, donc on ignore si c’est ma fièvre qui a fait jaillir la sienne ou une infection, puis il y a ce bruit quand il respire… Le pédiatre l’ausculte avec Nath.
Gwendoline m’explique qu’il va falloir me recoudre, que j’ai été déchirée, juste quelques points. Et puis vient le temps de l’expulsion de l’énorme placenta en deux poussées, aidée par Gwendoline, il y a du sang, beaucoup de sang.

Nath est revenue avec Tiphenn, elle le pose sur moi en peau à peau. Mon dieu ce qu’il est beau ! Je le mets au sein, il commence à téter.




A un moment, je me sens gagnée par un speed inhabituel, je m’agite, ma tension a monté.
Et puis, tout est calme autour de moi, de plus en plus calme. Ma tension a chuté. 6.
Céline et Gwendoline s’affairent autour de moi mais sans stress, même Nath ne perçoit rien. On me pose une perf. On reconfie Tiphenn à Nath. Une gyneco est appelée, Gwendoline craint une hémorragie, pas la gynéco, elle dit que c’est dû à la déchirure. Ca ne semble convaincre ni Gwendoline ni Céline, qui revient bidouiller la perf. Je perds toujours du sang. J’ai soif, si soif ! Gwendoline me recoud.
Une voix dit : « Ohh ! Il neige ! ».
On m’autorise enfin à boire, j’avale près d’un litre d’eau et j’ai faim…

Seulement vers 4h du mat, tout semble stabilisé, on m’invite à descendre de la table pour passer au fauteuil roulant afin de me remonter en chambre. A peine assise, ça tourne, je me sens partir, mais elles me rattrapent en me parlant, en me faisant fixer un point face à moi. Je reviens.
On monte dans notre chambre au 1er étage, la 12… On s’installe, on m’apporte un plateau de petit déjeuner, j’avale tout le liquide : le jus, le chocolat chaud !
Et puis je sens que le sang coule plus abondamment, Nath sonne, Gwendoline revient m’examine et repart. Quelques minutes plus tard, c’est Céline et Hélène qui arrivent avec un brancard pour m’emmener au bloc : révision utérine au programme : on veut s’assurer que mon utérus est bien vide. Anesthésie générale, je me réveille à 6h30 et là j’attendrai 8h avant d’être ramenée dans une chambre double au rez-de-chaussée (surveillance plus intensive) où Nath et Tiphenn viendront me rejoindre…

J’apprendrai après coup que mon utérus ne s’est pas recontracté, la faute à la fatigue, à gros bébé… qui sait ? Et, c’est cela qui a provoqué l’hémorragie. Je suis passé de 12 en hémoglobine à 6,8. J’ai frôlé la transfusion mais je crois que mon projet de naissance et les convictions locales ont plus orienté vers les perf de fer. On m’a administré 45 doses de synto* contre 18 pour un déclenchement ainsi qu’une ampoule en seringue électrique de Nal*dor.

Visiblement, j’ai fait peur à tout le monde, mais ni Nath, ni moi n’avons constaté de panique à bord, mais les scenarios allaient selon les versions du transfert au CHU à 60 bornes, au « j’ai eu peur de vous perdre »… Cette dernière fait froid dans le dos a posteriori. .. Ah oui ? Ca a été à ce point… ?
Je comprends mieux pourquoi on était à mes petits soins, me surveillant comme le lait sur le feu…

Mais en attendant, je garde un merveilleux souvenir de mon accouchement, mon projet de naissance a été respecté et pour ça je ne remercierai jamais assez cette équipe…




Il m’arrive de recroiser du personnel de la mat et à chaque fois celles qui ont partagé la naissance de Tiphenn ou les jours qui ont suivi me reconnaissent, visiblement, ils ont eu peur pour moi… Je les ai toutes remerciées dans un courrier adressé à la mat quelques jours plus tard car non seulement ils m’ont aidée à mettre au monde mon bébé sans le quitter dans la foulée mais en plus, ils ont fait tout ce qui était possible pour respecter mon projet de naissance, s’excusant pour chaque acte médical, y compris la pose de perf et seringue électrique lors de l’hémorragie et surtout après…
Je ne regrette vraiment pas d’avoir accouché dans cette maternité où nous avons été respectés tous les 3.

Lettre de remerciement ici :
http://doudou.webcaetera.fr/content/lettre-aux-professionnels-qui-nous-ont-accompagn%C3%A9s

Projet de naissance là :
http://doudou.webcaetera.fr/content/projet-de-naissance

--------------------------


Si toi aussi, tu souhaites publier ici "Le jour où tu as accouché", n'hésite pas à m'envoyer un mail à mamanature49@gmail.com.


Un grand merci à Véro pour avoir partagé ce témoignage avec moi et accepté qu'il soit publié.
Ces mots et ces photos lui appartiennent, merci de ne pas les recopier.
Rendez-vous sur Hellocoton !
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...