Cet article, c’est avant tout à Papa-Nature qu’il s’adresse. Mais je le partage quand même avec toi. Me remercie pas. C’est cadeau.
J’aimerais que Papa-Nature partage ce projet avec moi. Parce que je sais qu’a priori ça ne le tente pas du tout, parce que je pense qu’il a peur, qu’il a des idées préconçues et qu’il ne s’imagine pas du tout les raisons pour lesquelles je souhaiterais accoucher chez moi de notre deuxième enfant. Je veux les lui expliquer en détail, sans qu’il m’interrompe ou ne m’écoute que d’une oreille en pensant très fort : « mais qu’est-ce que c’est que cette nouvelle lubie ? ». [Et je précise en passant que je ne tiens pas non plus à ce que toi lecteur, tu essaies de m'en dissuader. Merci de donner ton avis sans mauvais jugement.]
Pas si nouvelle que ça d’ailleurs la lubie, j’avais déjà évoqué le sujet lors de ma première grossesse mais le fait qu’il n’y avait pas à l’époque où j’y habitais de sage-femme pratiquant l’AAD dans mon département, j’avais vite laissé l’idée de côté et je n’avais pas creusé le sujet avec Papa-Nature. Ça plus le fait que c’était mon premier bébé et que la peur de l’inconnu était très forte. Et puis il y a aussi le sentiment de culpabilité : se dire que si il arrivait quelque chose à mon bébé à cause de ce choix, je m’en voudrais toute ma vie.
Aujourd’hui, les choses ont changé. J’ai déjà vécu un premier accouchement (tu peux le lire ici). Ce n’est plus vraiment l’inconnu. Je sais que si tu sais l’écouter, ton corps te guide, et que tu peux te faire confiance. J’ai compris que la chaleur de son foyer, le fait d’être dans un endroit connu et aimé, entouré de gens aimants et de confiance, tout ça favorisait un accouchement serein, je t’assure, c’est hormonal, l’ocytocine, ça te parle ? L’hormone du plaisir et de l’accouchement dont la sécrétion est justement favorisée par cette atmosphère que je viens de te décrire. J’ai compris que parfois c’était le cadre même de l’hôpital et ses protocoles qui créaient des complications qui seraient évitables si l’accouchement avait lieu à la maison. Attention, je ne suis pas en train de dire que l’accouchement à la maternité, c’est l’horreur et qu’il faut l’éviter à tout prix. Je suis persuadée que les maternités et que le personnel soignant, malgré les baisses constantes de budget et d’effectif, font leur possible pour garantir aux futurs parents une naissance à visage humain. Bien que le tableau soit plus ou moins rose en fonction des maternités, je n’ai absolument rien contre le fait d’accoucher en maternité. Mon premier accouchement, s’y s’est très bien déroulé et je ne fais pas l’apologie d’un AAD pour toutes. Je fais juste part de mes envies, de mon point de vue et de ce que j’imagine pour MOI et notre famille. Et j’ajoute que j’ai conscience que lorsque l’on s’engage dans une démarche d’AAD, il y a toujours un risque que la sage-femme nous renvoie vers la maternité et que l’AAD ne puisse pas se faire : accouchement avant-terme, complications durant la grossesse, etc. La sage-femme, tout comme moi, n’est pas une hurluberlue qui fait prendre des risques à la maman et au bébé. Non, s’il y a le moindre risque connu, la moindre complication, l’accouchement aura lieu à la maternité. Et puis il faut savoir que l’un des critères pour que l’AAD soit accepté par la sage-femme, est la proximité d’une maternité pour pouvoir transférer tout ce petit monde au plus vite en cas de problème. Habitant à 20 minutes d’une maternité, j’ose espérer que la sage-femme libérale pratiquant les AAD dans ma région acceptera de nous accompagner dans ce projet.
Je n’imagine pas faire courir le moindre risque à mon bébé. Quand toutes les conditions sont réunies, accoucher chez soi ne représente pas plus de risques pour la maman et le bébé, qu’accoucher en structure hospitalière. Pour moi, accoucher à la maison, c’est au contraire saisir ma chance de mettre au monde mon enfant dans les meilleures conditions possibles : dans la chaleur de mon foyer, un lieu où je me sens bien, où il n’y a ni lumière agressive, ni inconnus, ni froid. Un lieu où je me sens en sécurité, où je pourrai être à l’écoute de mon corps. Chez moi, je pourrai prendre le temps de gérer le début du travail sans le stress de décider à quel moment aller à la maternité, sans endurer le trajet. Je pourrai aller et venir dans un lieu connu et chaud, gérer ma douleur comme bon me semble sans avoir à supporter un monitoring, pouvoir choisir la position dans laquelle je me sens le mieux, durant le travail jusqu’à l’expulsion. Je pourrai être entourée de personnes que je connais et en qui j’ai confiance, et en nombre réduit. Mon homme et la sage-femme qui nous aura accompagnés.
Bien sûr la première rencontre avec la-dite sage-femme sera déterminante. Ce sera à ce moment seulement que l’on pourra s’engager dans cette démarche, après qu’elle nous aura expliqué sa vision des choses, rassuré Papa-Nature j’espère. Si ça colle entre nous et elle, alors ce sera le début d’une belle aventure qui je l’espère se terminera par une naissance à la maison. Mais qui pourra tout aussi bien terminer à la maternité si tout ne se déroule pas comme prévu.
Accoucher à la maison, cela signifie aussi pour moi : me reposer comme je le souhaite (ce que je n’arrive pas à faire à la maternité – sans compter les visites de l’éventuelle voisine de chambrée), manger les bons petits plats concoctés par mon homme et surtout partager ce grand moment de bonheur avec ma fille aînée (huhu, ça fait bizarre de dire ça). Elle pourra voir son petit frère ou petite sœur dès sa naissance, ou du moins juste après, elle pourra rester avec nous autant de temps qu’elle le souhaite, ne pas être séparée de sa maman, dormir avec nous si elle le souhaite. Bref, partager à part entière avec nous ce bouleversement. En revanche, je ne souhaite pas qu’elle soit avec nous durant l’accouchement. Certains font le choix de laisser les plus grands y assister, ou rester dans la maison. Je ne le souhaite pas. Elle pourra assister au début du travail mais à partir du moment où ça devient très douloureux, je veux pouvoir exprimer mes émotions, crier si j’en ressens le besoin, sans avoir peur que cela choque ma puce.
Tout ça, ce sont mes envies, ce sont les raisons qui me font envisager un AAD avec sérénité. Pour moi, c’est plus qu’une envie, c’est un besoin, le besoin de me dire que j’aurais fait de mon mieux pour que la venue au monde de mon enfant soit la plus douce possible. Dans tous les cas, si d’aventure ce projet ne serait pas réalisable pour une raison ou pour une autre, je souhaite si mon état et celui de ma fille le permet, envisager une sortie précoce de la maternité. Soit après les deux heures règlementaires de surveillance ou au pire le lendemain (en fonction de l’heure à laquelle j’aurais accouché).
Mais Papa-Nature est quelqu’un de cartésien, de terre à terre. Lui dire, voilà, j’ai envie d’accoucher à la maison parce que « tout ça » (lire plus haut), ne suffira pas à le convaincre. Il va me falloir lui prouver par des textes et des rapports médicaux et scientifiques que ce n’est pas prendre un risque inconsidéré (encore une fois si la grossesse se passe bien et qu’il n’y a pas de complications ou de risques connus) que de choisir d’accoucher chez soi. Etudes et rapports à l’appui, le site Naître chez soi explique :
« D'ailleurs les études sont unanimes : dans le cas d'une grossesse normale, sans complication médicale, les risques liés à un accouchement à domicile programmé avec une sage-femme sont identiques à ceux d'un accouchement en maternité du point de vue de la mortalité. Par contre, comptez donc les « petits gestes » annexes : perfusion, positions, nudité, épisiotomies,forceps, césariennes, nouveaux-nés séparés de leurs mères pour être piqués, aspirés, baignés ... »
Article dans son intégralité ici. (Lien vers les études en question en bas de l’article).
Sur le même site (lire ici), on évoque les risques pour la mère liés à l’hémorragie du post-partum. « C’est pour cela que les SF font une sélection des femmes qui peuvent ou pas accoucher à la maison, un taux trop faible d’hémoglobines dans le sang pourra être une contre indication car il augure d’un risque plus important d’hémorragie. »
On y explique également que c’est la sage-femme qui décide selon le profil de la future maman (histoire médicale, profil de grossesse, etc) et son ressenti si elle accepte d’accompagner le couple dans une démarche d’AAD.
Les contre-indications à un AAD y sont également évoqués : « Selon la « charte de l’AAD » mise en place par l’ANSFL (Association Nationale des Sages-Femmes Libérales) elles ne font pas d’AAD pour des jumeaux, des bébés en siège ou des mamans qui font du diabète gestationnel ou de l’hypertension ».
Le site informe également sur les tarifs, les examens médicaux de l’enfant, les démarches administratives, etc.
Je ne ferai pas la liste de tous les gestes, attitudes, protocoles, que je ne souhaite pas et qui risquent d’arriver dans une structure hospitalière, nous ferons sans doute un projet de naissance au cas où je devrais accoucher à la maternité. Mais j’ai envie d’imaginer une naissance à visage humain, une naissance où la maman, le papa et le bébé sont respectés, où leurs besoins notamment physiologiques sont respectés. Et je rêve de la première tétée au chaud dans mon lit… Bien sûr, tout ceci ne sera réalisable que si toi, Papa-Nature, tu décides de m'accompagner dans cette aventure. L'avantage, c'est qu'on a le temps d'en reparler...
Ressources :
Un tract d’infos sur l’AAD
Un site fait par une maman ayant accouché à domicile
Le site de l’Association Nationale des Sage-femmes libérales
Accoucher à domicile ? Comparaison France/Pays-Bas
http://www.inpes.sante.fr/slh/articles/391/05.htm
Et j'ajoute le lien de l'annuaire des Sage-femmes libérales pratiquant l'AAD:
http://www.projetdenaissance.com/pages/Repertoire_sagesfemmes-1282342.html
Et j'ajoute le lien de l'annuaire des Sage-femmes libérales pratiquant l'AAD:
http://www.projetdenaissance.com/pages/Repertoire_sagesfemmes-1282342.html

